Friandises pour chien : lesquelles choisir, et combien en donner
Biscuit, bâton ou carotte : la friandise d’un chien se choisit à ses calories et à sa sécurité, que le naturel ne garantit pas toujours.

Information santé : contenu informatif général, rédigé à partir des sources publiques citées en bas de page. Il ne remplace pas une consultation vétérinaire : en cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.
Le soir, votre chien s’assoit devant le placard où vous rangez ses friandises, et vous fixe. Lesquelles lui donner, et combien ? Regardez d’abord les calories, puis la sécurité. Les friandises pour chien doivent rester sous 10 % de ce qu’il mange dans la journée. À poids égal, la carotte apporte dix fois moins de calories qu’un biscuit du commerce. Et « naturel » ne veut pas dire sans risque : des friandises séchées à base de viande ont rendu des chiens et des humains malades.
À retenir
- Les friandises ne doivent pas dépasser 10 % des calories du jour, selon la WSAVA.
- Une friandise du commerce apporte en moyenne 332 kcal pour 100 g. La carotte crue, 30.
- Pour éduquer, un petit morceau très appétissant motive davantage qu’une poignée de croquettes.
- Des friandises séchées, oreilles de porc en tête, ont transmis des salmonelles ; des jerkys ont abîmé des reins.
- Une friandise dentaire se juge sur des essais, et se donne à la bonne taille, sous vos yeux.
Une friandise, ce sont d’abord des calories
Les friandises ne doivent pas dépasser environ 10 % des calories que votre chien avale dans la journée, écrit la WSAVA, l’association mondiale des vétérinaires pour petits animaux (2018). Le manuel vétérinaire Merck en donne la raison : la plupart des friandises ne sont pas des aliments complets (Sanderson, 2024). Au-delà, elles diluent les nutriments de la ration et ajoutent des calories, précisent les recommandations de l’association américaine des hôpitaux vétérinaires (AAHA, 2021).
En France, la moitié des propriétaires de chiens donnent des friandises, selon le baromètre réalisé pour la FACCO, la fédération des fabricants d’aliments pour animaux (rapport 2026).
Le plafond est vite atteint.
Dans une enquête de 2023 auprès de 716 maîtres, surtout au Canada et aux États-Unis, les friandises représentaient en médiane 15 % de la ration, et seuls 22 % s’appuyaient sur un conseil vétérinaire pour les doser (Nielson et collaborateurs, Preventive Veterinary Medicine).
Les petits chiens sont les plus exposés. Une équipe de l’université de Padoue a analysé 32 friandises du commerce : 332 kcal pour 100 g en moyenne, jusqu’à 475. En suivant la dose conseillée par le fabricant, ce sont les petits chiens qui reçoivent la plus grosse part de leurs besoins du jour (Morelli et collaborateurs, Veterinary Record, 2018).
Et l’étiquette ne vous aide pas toujours. Une friandise est un aliment « complémentaire » : elle ne nourrit le chien qu’avec le reste de sa ration (règlement européen 767/2009). Ce même texte n’oblige pas à afficher les calories : il encadre la valeur énergétique seulement « si » le fabricant choisit de l’indiquer.
Le labrador mérite une attention particulière. Une partie de la race porte une mutation du gène POMC, liée à un appétit et à un poids plus élevés (Raffan et collaborateurs, Cell Metabolism, 2016). Pour un chien prompt à grossir, Merck demande de compter les calories de toutes les friandises. La ration du jour se calcule avec notre calculateur de ration, et les bases de la gamelle sont dans notre guide pour bien nourrir son chien.

Friandises pour chien : lesquelles choisir au rayon et dans la cuisine
La WSAVA ouvre elle-même la porte de la cuisine :
Il existe des friandises du commerce, mais vous pouvez aussi utiliser certains aliments humains. Les fruits et les légumes sont d’excellentes options, peu caloriques.
WSAVA, questions fréquentes sur la nutrition, 2018, notre traduction
La table Ciqual de l’Anses permet de comparer.
| Friandise | Énergie | Source |
|---|---|---|
| Concombre cru | 16,8 kcal pour 100 g | Ciqual, Anses, 2025 |
| Carotte crue | 30,2 kcal pour 100 g | Ciqual, Anses, 2025 |
| Haricot vert cru | 31,9 kcal pour 100 g | Ciqual, Anses, 2025 |
| Pomme crue | 54 kcal pour 100 g | Ciqual, Anses, 2025 |
| Friandise du commerce (moyenne) | 332 kcal pour 100 g | Morelli et coll., 2018 |
| Emmental | 373 kcal pour 100 g | Ciqual, Anses, 2025 |
| Bâton de nerf de bœuf | 5,9 kcal par centimètre | Freeman et coll., 2013 et 2015 |
Le bâton de nerf de bœuf, c’est un pénis de taureau séché. Mesuré en 2013 par une équipe nord-américaine : 5,9 kcal par centimètre en moyenne, de 3,5 à 8,7 selon les bâtons, d’après la correction publiée en 2015 (Freeman et collaborateurs, Canadian Veterinary Journal). À cette moyenne, un bâton de 30 cm approche 180 kcal. Dans leur enquête, la moitié des répondants sous-estimaient les calories d’un tel bâton, et 28 % de ceux qui en donnaient ignoraient de quoi il est fait.
Votre assiette a ses pièges. La WSAVA rappelle d’éviter les aliments toxiques pour le chien, comme l’oignon et l’ail, le chocolat, la noix de macadamia, sans oublier les produits au xylitol. Avant de partager un aliment de votre assiette, vérifiez-le dans notre outil Mon chien peut-il manger ?. Mode d’emploi au cas par cas : la carotte ou le fromage, à donner en tout petits dés vu ses calories.
Au rayon, Merck signale qu’il existe des friandises complètes et équilibrées, à base d’ingrédients pauvres en graisses et riches en fibres. Lisez la mention « aliment complet » ou « complémentaire », et cherchez les calories quand elles sont affichées. Pas de chiffre sur le paquet ? Partez du principe que c’est riche.
Pour éduquer, petit et appétissant
Récompenser : c’est l’usage principal. Dans une enquête en ligne de l’université de Padoue auprès de 1 833 maîtres, 83 % en donnaient régulièrement, surtout pour récompenser le chien ou à l’entraînement, et le plus souvent d’un à cinq morceaux par jour (Morelli et collaborateurs, Journal of Applied Animal Welfare Science, 2020).
Bonne nouvelle pour la ligne : ce qui motive un chien, c’est surtout le goût de la récompense. Une équipe des universités de Lincoln et de Berne l’a mesuré : des chiens couraient nettement plus vite vers un morceau de saucisse que vers une croquette. Leur donner cinq croquettes au lieu d’une ne les faisait pas courir plus vite (Riemer et collaborateurs, Applied Animal Behaviour Science, 2018).
Concrètement, coupez une friandise très appétissante en tout petits morceaux, et comptez-les dans les 10 %. Pour la méthode, voyez notre guide du renforcement positif.

Viande séchée, jerkys, bâtons dentaires : les précautions
Les calories ne sont pas le seul critère. Commencez par les friandises séchées à base de viande crue, comme les oreilles de porc, la peau ou les queues. Leur souci, c’est l’hygiène. Au Royaume-Uni, une équipe de l’université de Liverpool et de l’agence de santé publique a acheté 84 de ces friandises en animalerie et sur internet. 16 % portaient des salmonelles, toutes de types connus pour infecter l’homme, et 39 % des souches résistaient à des antibiotiques (Morgan et collaborateurs, Veterinary Record, 2023). Aux États-Unis, entre 2015 et 2019, des oreilles de porc pour chien ont été reliées à 154 cas de salmonellose humaine dans 34 États (Nichols et collaborateurs, Lancet Regional Health Americas, 2024). Si vous en donnez, lavez-vous les mains après, surtout avant de passer à table.
Les jerkys, ces lanières de viande séchée, ont un autre passif. Entre 2007 et fin 2015, la FDA américaine a reçu environ 5 200 plaintes de maladies liées à des jerkys de poulet, de canard ou de patate douce, souvent importés de Chine (page à jour au 21 août 2018). Parmi les cas, des syndromes de Fanconi acquis, une atteinte des reins d’ordinaire rare. La cause n’a jamais été trouvée. Au Danemark, 30 chiens touchés ont été suivis par l’université de Copenhague : soif excessive chez 23 d’entre eux, et des signes disparus chez 22 sur 28, en onze semaines en médiane (Nybroe et collaborateurs, Animals, 2022). La WSAVA déconseille ces jerkys et la patate douce séchée.
Restent les bâtons dentaires. Le VOHC (Veterinary Oral Health Council), un conseil de neuf vétérinaires dentistes et chercheurs, accorde son sceau aux produits qui ont fait leurs preuves dans deux essais : au moins 15 % de plaque ou de tartre en moins dans chacun, 20 % en moyenne. Il ne teste rien lui-même et examine les essais fournis par les fabricants. Il demande aussi de choisir la taille selon le poids du chien et de rester là pendant qu’il mâche. La prudence est justifiée : dans une série de 31 chiens dont l’œsophage était bouché par une friandise dentaire, 26 étaient de petits chiens, et plus d’un sur quatre en est mort (Leib et Sartor, JAVMA, 2008). Un chihuahua ou un yorkshire reçoit donc la taille prévue pour son poids. Et aucune friandise ne remplace le brossage des dents. Pour les os à ronger et le bois de cerf, voyez notre guide os et bois de cerf.
Questions fréquentes
Combien de friandises par jour pour un petit chien ?
Le plafond reste de 10 % des calories du jour. Calculez d’abord sa ration avec notre calculateur, puis faites le compte : à la moyenne mesurée par Morelli et collaborateurs (332 kcal pour 100 g), un biscuit de 5 g apporte environ 17 kcal. Un chien qui a besoin de 300 kcal par jour n’a donc droit qu’à une trentaine de kcal en friandises, soit moins de deux de ces biscuits.
Peut-on donner des friandises à un chiot ?
Oui, avec la même limite. Le chiot a besoin de son aliment de croissance complet, et la plupart des friandises ne le sont pas : Merck fixe donc le total sous 10 % des calories. Préférez de très petits morceaux pour l’éducation, et demandez à votre vétérinaire si votre chiot a un régime particulier.
Mon chien a avalé une friandise sans la mâcher : que faire ?
Surveillez-le de près. Dans la série de Leib et Sartor, les chiens dont l’œsophage était bouché faisaient des efforts pour vomir, régurgitaient, vomissaient, refusaient de manger ou restaient abattus. Au moindre de ces signes, appelez votre vétérinaire sans attendre : une radiographie suffit souvent à poser le diagnostic.
Races concernées
À lire ensuite






Sources
- WSAVA Global Nutrition Committee, Frequently Asked Questions and Myths (mise à jour de janvier 2018)
- Sanderson, Feeding Practices in Small Animals, Merck Veterinary Manual (révision de novembre 2023, mise à jour d’octobre 2024)
- Cline, Burns, Coe et collaborateurs, 2021 AAHA Nutrition and Weight Management Guidelines for Dogs and Cats, Journal of the American Animal Hospital Association 57(4) (2021)
- Règlement (CE) n° 767/2009 concernant la mise sur le marché et l’utilisation des aliments pour animaux, version consolidée du 26 décembre 2018
- FACCO, Rapport annuel 2026 (baromètre Facco-Odoxa 2025-2026)
- Morelli, Fusi, Tenti et collaborateurs, Study of ingredients and nutrient composition of commercially available treats for dogs, Veterinary Record 182(12), 351 (2018)
- Morelli, Marchesini, Contiero et collaborateurs, A Survey of Dog Owners’ Attitudes toward Treats, Journal of Applied Animal Welfare Science 23(1), 1-9 (2020)
- Nielson, Khosa, Clow et Verbrugghe, Dog caregivers’ perceptions, motivations, and behaviours for feeding treats: A cross sectional study, Preventive Veterinary Medicine 217, 105971 (2023)
- Raffan, Dennis, O’Donovan et collaborateurs, A deletion in the canine POMC gene is associated with weight and appetite in obesity-prone Labrador retriever dogs, Cell Metabolism 23(5), 893-900 (2016)
- Anses, Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual (2025)
- Freeman, Janecko et Weese, Nutritional and microbial analysis of bully sticks and survey of opinions about pet treats, Canadian Veterinary Journal 54(1), 50-54 (2013)
- Canadian Veterinary Journal, Errata, 56(5), 520 (2015), correction des calories par centimètre de Freeman et collaborateurs
- Riemer, Ellis, Thompson et Burman, Reinforcer effectiveness in dogs, the influence of quantity and quality, Applied Animal Behaviour Science (2018)
- Morgan, Saal, Corr et collaborateurs, Isolation of Salmonella species of public health concern from commonly fed dried meat dog treats, Veterinary Record 192(7), e2642 (2023)
- Nichols, Stapleton, Rotstein et collaborateurs, Outbreak of multidrug-resistant Salmonella infections in people linked to pig ear pet treats, United States, 2015-2019, Lancet Regional Health Americas 34, 100769 (2024)
- FDA, FDA Investigates Animal Illnesses Linked to Jerky Pet Treats (page à jour au 21 août 2018)
- Nybroe, Bjørnvad, Hansen, Andersen et Kieler, Outcome of Acquired Fanconi Syndrome Associated with Ingestion of Jerky Treats in 30 Dogs, Animals 12(22), 3192 (2022)
- Veterinary Oral Health Council, Trial Protocol Requirements (site © 2022)
- Leib et Sartor, Esophageal foreign body obstruction caused by a dental chew treat in 31 dogs (2000-2006), JAVMA 232(7), 1021-1025 (2008)
Notre méthode : sources publiques citées, contenus datés et relus.
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