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Alimentation

Nourrir un chien de grande race en croissance : calories et calcium

Chez le chiot de grande race, les calories et le calcium en trop abîment le squelette, pas les protéines. Sa ration se pèse, sans complément.

Sur la terrasse d’un pavillon en automne, un homme en sweat gris pose une gamelle de croquettes devant un chiot terre-neuve noir assis qui attend, une balance de cuisine et un sac en papier kraft sur la table de jardin derrière eux

Information santé : contenu informatif général, rédigé à partir des sources publiques citées en bas de page. Il ne remplace pas une consultation vétérinaire : en cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.

Votre jeune terre-neuve a quatre mois et vide sa gamelle en une minute. Autour de lui, chacun a son idée : une poignée de croquettes en plus, un complément de calcium « pour les os », de la viande crue le dimanche. Pour nourrir un chien de grande race en croissance, il faut l’inverse : un aliment complet pour chiot pensé pour les grands gabarits, servi en repas pesés, sans rien à côté. Deux excès abîment son squelette, les calories et le calcium. Les protéines ne sont pas en cause.

À retenir

  • Deux excès abîment le squelette d’un grand chiot : l’énergie en trop et le calcium en trop.
  • Un chiot trop nourri n’a pas forcément l’air gros, prévient la FEDIAF : jamais de gamelle à volonté, mais une ration pesée que la balance ajuste chaque semaine.
  • Aucun complément de calcium ou de vitamine D sur un aliment complet pour chiot, sauf prescription du vétérinaire.
  • La viande seule, sans os ni complément, manque de calcium : en Suède, deux chiots nourris ainsi ont eu des fractures.
  • Les protéines ne sont pas le danger : chez le dogue allemand, les faire varier du simple au double n’a rien changé au squelette.

Grand chien : une croissance plus longue, un os différent

Le grand chien n’a pas de définition officielle. La FEDIAF, fédération européenne des fabricants d’aliments pour animaux, applique ses règles de calcium aux races de plus de 15 kg adultes. Aux États-Unis, les aliments pour grandes races visent les chiens de 32 kg ou plus adultes, rapporte le manuel vétérinaire Merck.

Leur croissance dure plus longtemps. Selon le Merck, elle peut être terminée vers 8 à 12 mois chez les petites et moyennes races, pas avant 10 à 16 mois chez les grandes et géantes. Leur os est différent. Le pathologiste berlinois Dämmrich l’a décrit en 1991 (Journal of Nutrition). Sous le cartilage des articulations, l’os spongieux des grandes races en croissance est naturellement moins dense et moins solide que celui des petites.

Dans un parc un matin gris, un chiot dogue allemand fauve au masque noir, tout en pattes, s’approche d’une jeune femme en parka bleu marine accroupie qui lui tend la main

Trop de calories : le risque qui ne se voit pas

Dämmrich a aussi comparé des chiots dogues allemands nourris à volonté ou rationnés jusqu’à 6 mois. Chez les premiers, l’os grandissait trop vite et s’affaiblissait encore sous le cartilage, terrain de l’ostéochondrose, une maladie du cartilage de croissance.

À l’école vétérinaire de Hanovre, Zentek et ses collègues ont suivi 26 dogues allemands jusqu’à 6 mois : neuf à volonté, dix-sept à 70 à 80 % de cette ration (Zentralblatt für Veterinärmedizin, 1995). Des troubles du squelette sont apparus dans tous les groupes, plus souvent à volonté. La croissance rapide s’accompagnait de pattes déviées vers l’extérieur, en valgus.

L’excès, pourtant, ne se voit pas forcément. En 2025, la FEDIAF écrit qu’un chiot qui reçoit beaucoup d’énergie n’a pas toujours une note d’état corporel élevée : il peut trop manger et rester fin.

Sa conclusion : un chiot ne mange jamais à volonté.

Rationner ne le rend pas plus petit. Le manuel Merck cite des chiots de grande race nourris à 50 à 70 % de ce que mangeaient à volonté leurs frères et sœurs : adultes, ils n’étaient ni moins grands ni moins musclés, seule leur graisse changeait. La courbe de poids du chiot sert de repère.

La dysplasie de la hanche, elle, ne dépend pas que de la gamelle. En France, sur 27 710 chiens de dix races dépistés en vingt ans, elle allait de 5 % des huskys à 51,9 % des cane corsos (Baldinger et collaborateurs, PLOS ONE, 2020). En Norvège, chez 501 chiots de quatre grandes races élevés en famille, dont des terre-neuve et des leonbergs, l’étude n’a pas trouvé plus de dysplasie chez les plus lourds ni chez les plus rapides (Krontveit et collaborateurs, Preventive Veterinary Medicine, 2010). Une part de la maladie est héréditaire.

Calcium : ni complément, ni viande seule

Avec le calcium, l’erreur se fait dans les deux sens.

Trop de calcium, d’abord. À l’université d’Utrecht, Hazewinkel et ses collègues ont nourri des dogues allemands avec 1,1 % de calcium dans la matière sèche, ou avec 3,3 %, trois fois plus (Journal of Nutrition, 1991). L’intestin des seconds en laissait passer une part plus faible : 23 à 43 % du calcium reçu, contre 45 à 66 % chez les témoins. Faites le calcul : trois fois plus de calcium dans la gamelle, c’est malgré tout plus de calcium absorbé.

La même équipe a montré pourquoi : à forte dose, le calcium passe surtout par une absorption passive, que l’organisme ne règle pas, chez le dogue allemand comme chez le caniche nain (Tryfonidou et collaborateurs, Journal of Nutrition, 2002). Le Merck ajoute qu’au-delà de 3 % de la matière sèche, l’ostéochondrose des jeunes chiens de grande race est plus sévère.

Pas de complément de calcium, de phosphore ou de vitamine D sur un aliment complet pour chiot : le manuel Merck les juge rarement nécessaires et parfois contre-indiqués. Ni poudre d’os, ni comprimé « pour la croissance », sauf prescription du vétérinaire.

L’erreur inverse existe. Une ration faite surtout de viande, voire de steak haché et de riz, peut provoquer une carence en calcium, prévient le Merck : le squelette se déminéralise. En Suède, Nowak et ses collègues ont décrit quatre chiots de grande race nourris de viande crue sans os ni complément, dont un golden retriever de 10 semaines (Animals, 2024). Tous avaient mal ; trois ne marchaient plus. Deux avaient des fractures. Deux ont été euthanasiés ; les autres se sont vite améliorés avec des antidouleurs et un aliment industriel équilibré.

Une ration crue ou maison pour un grand chiot se calcule avec le vétérinaire.

Les protéines ne sont pas en cause

On lit souvent qu’il faut limiter les protéines du grand chiot. Une expérience menée sur des dogues allemands dit le contraire. À Utrecht, Nap et ses collègues ont nourri 17 chiots pendant 18 semaines, à partir de 7 semaines, avec trois aliments secs de même énergie : 14,6, 23,1 ou 31,6 % de protéines dans la matière sèche (Journal of Nutrition, 1991). La hauteur au garrot n’a pas différé d’un groupe à l’autre, pas plus que le squelette ou le métabolisme du calcium. Les auteurs jugent « peu probable » un rôle des protéines dans l’ostéochondrose.

La FEDIAF fixe un minimum de protéines pour le chiot, et aucun maximum. Passer un chiot de grande race à un aliment pour adulte pour « ralentir » sa croissance n’a donc pas de base. Dans les essais cités plus haut, c’est la quantité donnée qui freinait la croissance.

Dans une salle de bains, un homme debout sur un pèse-personne tient dans ses bras un chiot golden retriever pendant que sa fille, penchée sur le cadran, note le poids dans un carnet

Nourrir un chien de grande race en croissance : le sac et la balance

Reste à choisir le sac. Le manuel Merck conseille un aliment de croissance formulé pour les grandes et géantes races. Les sacs américains portent une mention normalisée. Les sacs européens, non, et le calcium ne fait même pas partie des quatre constituants que le règlement européen 767/2009 impose sur un aliment complet pour chien : protéine brute, matières grasses brutes, cellulose brute, cendres brutes. S’il manque sur le sac, demandez-le au fabricant.

Le chiffre du sac inclut l’eau. Pour le comparer aux repères de la FEDIAF, ramenez-le à la matière sèche : divisez-le par 100 moins l’humidité, puis multipliez par 100. Exemple fictif : 1,3 % de calcium et 8 % d’humidité donnent 1,41 % de matière sèche. Notre guide de l’étiquette détaille le calcul. Les repères de la FEDIAF (2025), en pourcentage de la matière sèche d’un aliment complet :

PériodeCalcium minimumCalcium maximum
Avant 14 semaines1 %1,6 %
De 14 semaines à 6 mois environ (plus de 15 kg adultes)1 %1,8 % (1,6 % pour le dogue allemand)
Après 6 mois environ (plus de 15 kg adultes)0,8 %1,8 % (1,6 % pour le dogue allemand)

Puis vient la ration. Partez du tableau du sac ou de notre calculateur de ration, puis pesez votre chiot chaque semaine. D’après le manuel Merck, il doit grossir un peu à chaque pesée, et la ration s’ajuste. Le même manuel prévoit trois repas par jour jusqu’à 6 mois, deux de 6 à 12 mois.

Le bout de jambon tendu sous la table compte, et notre outil mon chien peut-il manger dit ce qu’il peut manger ou non. Notre guide complet de l’alimentation du chien reprend les bases.

Questions fréquentes

Quand passer un chiot de grande race aux croquettes adulte ?

Il n’y a pas de date fixe. Le manuel Merck conseille de passer à un aliment moins riche que celui de croissance quand le chien atteint environ 90 % de son poids adulte attendu. Votre vétérinaire peut estimer ce poids avec vous. Faites ensuite la transition sur une semaine.

Faut-il limiter l’exercice d’un chiot de grande race ?

Pas le supprimer. Dans la cohorte norvégienne, monter des escaliers avant 3 mois était associé à plus de dysplasie de la hanche, et les sorties en liberté au même âge à moins (Krontveit et collaborateurs, American Journal of Veterinary Research, 2012). Le conseil des auteurs pour le chiot de moins de 3 mois : pas d’escaliers, mais des sorties dehors, sur un sol souple et un peu accidenté.

Mon chiot de grande race a l’air maigre, faut-il augmenter la ration ?

Vérifiez d’abord. Selon la grille de la WSAVA (2013), chez un chien à son poids idéal, les côtes se sentent sans excès de graisse et la taille se voit de dessus. Si votre chiot est ainsi et qu’il prend un peu de poids à chaque pesée, il n’a pas besoin de plus. S’il perd du poids, montrez-le au vétérinaire.

Races concernées

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Sources

Notre méthode : sources publiques citées, contenus datés et relus.

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