Quelle quantité d’eau un chien doit-il boire par jour ?
Il n’existe pas de bonne quantité d’eau unique pour un chien. Ce qui compte, c’est ce que le vôtre boit d’habitude, et l’écart qui s’installe.

Information santé : contenu informatif général, rédigé à partir des sources publiques citées en bas de page. Il ne remplace pas une consultation vétérinaire : en cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.
Vous remplissez la gamelle le matin, vous la retrouvez vide le soir, et vous ne savez pas si c’est beaucoup. Quelle quantité d’eau un chien doit-il boire par jour ? Il n’y a pas de bon chiffre unique. Au-delà de 100 ml par kilo et par jour, une revue vétérinaire récente juge la soif excessive très probable. En dessous, ce qui compte, c’est ce que votre chien boit d’habitude, avec la nourriture qu’il mange.
À retenir
- Au-delà de 100 ml par kilo et par jour, une soif excessive est très probable, soit 2 litres pour un chien de 20 kg.
- Sous ce seuil, une soif nouvelle compte quand même : un chien qui buvait peu peut être malade en buvant moins que cela.
- L’aliment pèse lourd : nourris aux croquettes plutôt qu’à la pâtée, les mêmes chiens ont bu deux fois et demie plus d’eau.
- Pour savoir, mesurez l’eau bue pendant plusieurs jours, toutes gamelles comprises, sans jamais la rationner vous-même.
- Une soif qui augmente se montre au vétérinaire : maladie rénale, diabète et maladie de Cushing sont les causes les plus courantes.
Quelle quantité d’eau par jour : pourquoi le chiffre unique trompe
On lit souvent qu’un chien doit boire 50 à 70 ml par kilo. Pour un chien aux croquettes, c’est plausible ; à la pâtée, beaucoup trop. Le manuel vétérinaire Merck donne un autre repère, valable pour la plupart des mammifères en ambiance tempérée : environ 44 à 66 ml d’eau par kilo et par jour. C’est un besoin, pas une quantité bue : l’aliment en fournit une partie.
Car un chien boit, mais il mange aussi de l’eau. Selon le Merck, une pâtée en contient de 60 à plus de 87 %, des croquettes de 3 à 11 %. Le chien nourri surtout à la pâtée boit donc moins à la gamelle.
L’écart est grand. Ramsay et Thrasher (Brain Research Bulletin, 1991) ont remplacé la pâtée de leurs chiens, à 74 % d’eau, par des croquettes qui apportaient les mêmes sels. L’eau bue est passée de 24 à 62 ml par kilo. Le volume et la concentration des urines, eux, n’ont pas changé : les chiens ont compensé à la gamelle. Pour un chien de 20 kg, cela fait environ un demi-litre d’un côté, plus d’un litre de l’autre (notre calcul).
Une équipe de Nestlé Purina, qui a financé l’étude, a mesuré toute l’eau avalée par seize petits chiens adultes nourris aux croquettes, dans un chenil à 22 °C environ (Zanghi et Gardner, Frontiers in Veterinary Science, 2018). En comptant l’eau bue, celle des croquettes et celle que le corps fabrique en brûlant les aliments, ils en prenaient 60 à 82 ml par kilo et par jour, 71 en moyenne. Les auteurs jugent trop bas le repère classique d’un millilitre d’eau par kilocalorie mangée : leurs chiens à l’eau du robinet en prenaient 1,2 à 1,4. Pour connaître les kilocalories de votre chien, le calculateur de ration donne une estimation.
Le chiffre bouge encore avec la chaleur et l’effort, et avec l’état de santé, note le Merck. Un chien qui a couru tout l’après-midi en juillet boit plus, et c’est normal. Pour le reste de l’alimentation, le guide complet de l’alimentation du chien reprend les bases, et notre comparaison croquettes ou pâtée détaille la question de l’eau dans l’aliment.

Mesurer ce que boit votre chien
Le plus simple reste de mesurer. La revue de Pavlovsky (Journal of Small Animal Practice, 2026) prévoit d’ailleurs que le vétérinaire fasse mesurer l’eau bue à la maison, sur plusieurs jours, quand l’analyse d’urine ne confirme pas la soif.
La méthode tient dans une cuisine. Le matin, remplissez la gamelle avec un verre doseur et notez le volume ; le lendemain à la même heure, mesurez ce qui reste, faites la différence, et ajoutez chaque remplissage de la journée et chaque gamelle de la maison, puisque le Merck conseille plusieurs points d’eau pour encourager le chien à boire. Au soleil ou près d’un radiateur, l’évaporation fausse un peu le compte. Recommencez plusieurs jours, trois ou quatre par exemple, faites la moyenne et divisez-la par le poids de votre chien.
| Poids du chien | Seuil de 100 ml par kilo et par jour | Soit, en verres de 25 cl |
|---|---|---|
| 5 kg | 0,5 litre | 2 verres |
| 10 kg | 1 litre | 4 verres |
| 20 kg | 2 litres | 8 verres |
| 30 kg | 3 litres | 12 verres |
| 40 kg | 4 litres | 16 verres |
Le seuil vient de la revue de Pavlovsky ; les volumes par poids sont notre calcul. C’est une limite haute : les chiens de Zanghi, à 71 ml par kilo eau des croquettes comprise, restaient loin dessous.
Pendant la mesure, laissez l’eau à volonté. Le Merck est net : chez l’animal en bonne santé, l’eau ne se rationne pas. Retirer la gamelle à un chien qui boit beaucoup ne soigne rien. S’il est malade, il continue de perdre de l’eau par les urines, et la revue de Pavlovsky rappelle qu’un apport d’eau insuffisant mène à la déshydratation.
Il boit plus qu’avant : quand consulter
Le seuil de 100 ml marque la polydipsie, le nom médical de la soif excessive. Mais Pavlovsky insiste : chez un chien qui buvait peu, la soif peut être anormale bien en dessous.
Comparez votre chien à lui-même.
C’est souvent la vessie qui donne l’alerte. Beaucoup de chiens qui boivent plus se mettent à uriner dans la maison, ou réclament de sortir plus souvent, avec des pipis plus abondants. Un chien propre depuis des années qui laisse une flaque la nuit mérite qu’on regarde sa gamelle d’eau.
Parmi les causes de soif et d’urines abondantes, la revue en désigne trois comme les plus courantes :
- la maladie rénale chronique (l’insuffisance rénale du chien) ;
- le diabète sucré : le chien boit et urine plus, et maigrit (le diabète du chien) ;
- l’hypercorticisme, ou maladie de Cushing, surtout entre 7 et 12 ans selon le Merck.
D’autres figurent dans sa liste : une infection de l’utérus (pyomètre) chez la chienne non stérilisée, une maladie du foie, un excès de calcium dans le sang, et certains médicaments, dont les corticoïdes, le phénobarbital contre l’épilepsie et les diurétiques. Si votre chien est sous traitement et se met à boire beaucoup, n’arrêtez pas le médicament seul : parlez-en au vétérinaire qui l’a prescrit.
Certaines races partent avec plus de risques. Le Merck range le yorkshire, le cavalier king charles, le bichon frisé, le border terrier et le westie parmi les petites races prédisposées au diabète. Pour la maladie de Cushing, il cite en tête le caniche, surtout le nain, puis le teckel, le boxer et, de nouveau, le yorkshire.
Reste une cause plus rare. La polydipsie psychogène touche surtout des chiens jeunes, en bonne santé, souvent nerveux ou anxieux, selon Pavlovsky. Elle ne se pose qu’une fois les autres causes écartées.
Le diagnostic passe par le vétérinaire : une fois la soif excessive confirmée, Pavlovsky cite une prise de sang et une analyse d’urine complètes. Venez avec vos chiffres, notés dans votre téléphone : le volume bu par jour et depuis quand ça dure. Dites aussi ce qu’il mange. Si la soif s’accompagne d’un amaigrissement, d’une faim nouvelle, de vomissements ou d’un chien abattu, consultez sans attendre. Le chien qui a toujours faim croise plusieurs de ces maladies.

Il boit peu : faut-il s’inquiéter ?
Après une maladie ou une opération, le guide pour nourrir un chien convalescent aide à préparer le relevé des repas et des boissons pour la clinique.
Un chien qui boit peu n’est pas forcément déshydraté. Nourri à la pâtée, il trouve déjà une bonne part de son eau dans sa gamelle de nourriture.
Le vrai risque, c’est la perte d’eau. Le manuel rappelle que la déshydratation accompagne beaucoup de maladies, digestives, respiratoires ou urinaires. Un chien qui vomit, qui a la diarrhée ou qui refuse de boire perd de l’eau sans la remplacer.
Le vétérinaire touche les gencives, sèches quand l’eau manque, et pince la peau du dos : chez le chien déshydraté, le pli retombe mal. Les yeux peuvent s’enfoncer. Le Merck prévient que ces signes trompent chez le chien âgé ou très maigre, dont la peau est moins souple, et chez le très jeune chiot. Au moindre doute, un chien qui ne boit plus et qui vomit se montre le jour même. Par forte chaleur, pensez aussi au coup de chaleur.
Questions fréquentes
Faut-il laisser de l’eau à mon chien la nuit ?
Oui. Le manuel Merck demande une eau propre et fraîche en permanence, et précise que l’animal en bonne santé règle lui-même ce qu’il boit, sans qu’il faille la rationner. Si votre chien se met à boire et à uriner la nuit alors qu’il ne le faisait pas, signalez ce changement au vétérinaire.
Faut-il mouiller les croquettes pour qu’il boive plus ?
Ce n’est pas nécessaire chez un chien en bonne santé : il compense à la gamelle. Chez Ramsay et Thrasher, des chiens passés aux croquettes ont bu davantage, sans que leurs urines changent. L’eau ajoutée sert chez certains chiens qui ont fait des calculs urinaires : le consensus de l’ACVIM (Lulich et collaborateurs, 2016) la propose à la place d’une pâtée. Notre guide croquettes ou pâtée détaille ce cas.
Mon chien boit beaucoup après la promenade, est-ce normal ?
Oui, si cela reste ponctuel. Le Merck lie le besoin en eau à l’activité et à la température : un chien qui a couru ou qui a eu chaud boit plus en rentrant. Proposez de l’eau, sans le forcer. Ce qui doit alerter, c’est une soif forte au repos, jour après jour, ou un chien qui boit beaucoup sans avoir bougé.
Races concernées
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Sources
- Pavlovsky, Psychogenic polydipsia in dogs: a review of pathogenesis, diagnosis and treatment, Journal of Small Animal Practice 67, 580-589 (2026)
- Ramsay et Thrasher, Regulation of fluid intake in dogs following water deprivation, Brain Research Bulletin 27, 495-499 (1991)
- Zanghi et Gardner, Total water intake and urine measures of hydration in adult dogs drinking tap water or a nutrient-enriched water, Frontiers in Veterinary Science 5, 317 (2018)
- Sanderson, Nutritional Requirements of Small Animals, Merck Veterinary Manual (révision novembre 2023, mise à jour septembre 2024)
- Linklater, The Fluid Resuscitation Plan in Animals, Merck Veterinary Manual (novembre 2025)
- Buishand, Diabetes Mellitus in Dogs and Cats, Merck Veterinary Manual (mai 2024, modifiée en mai 2026)
- Greco, Cushing Disease (Pituitary-Dependent Hyperadrenocorticism) in Animals, Merck Veterinary Manual (septembre 2024)
- Lulich, Berent, Adams, Westropp, Bartges et Osborne, ACVIM Small Animal Consensus Recommendations on the Treatment and Prevention of Uroliths in Dogs and Cats, Journal of Veterinary Internal Medicine 30(5), 1564-1574 (2016)
Notre méthode : sources publiques citées, contenus datés et relus.
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