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Alimentation

Mon chien est difficile et refuse ses croquettes : pesez-le d’abord

Votre chien boude ses croquettes ? Pesez-le avant de changer de sac : son poids dit si le souci vient des habitudes ou d’une maladie.

Le soir, dans la cuisine d’un appartement, un bichon frisé blanc assis à côté de sa gamelle de croquettes détourne la tête, sous le regard amusé d’une femme en pull beige assise sur une chaise, les coudes sur les genoux

Information santé : contenu informatif général, rédigé à partir des sources publiques citées en bas de page. Il ne remplace pas une consultation vétérinaire : en cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.

Il renifle la gamelle, lève le nez et va s’asseoir près de la table, là où tombent les restes. Votre chien est difficile et refuse ses croquettes, et vous vous demandez s’il faut changer de marque. Pesez-le d’abord. Un chien qui garde son poids et son entrain mange assez : le problème tient aux habitudes. S’il maigrit, ou s’il ne mange plus qu’avec un ajout, c’est une question pour le vétérinaire.

À retenir

  • Les vétérinaires jugent l’appétit à la balance et à l’état corporel, pas à ce qui reste dans la gamelle.
  • Un chien qui ne mange qu’avec une garniture, ou qui se lasse de chaque nouvel aliment en quelques jours, présente un trouble que deux vétérinaires relient parfois à une maladie.
  • Face à plusieurs aliments, des chiens ont appris à choisir le plus gras et mangé bien au-delà de leurs besoins : multiplier les propositions leur offre ce choix.
  • Une dent douloureuse peut couper l’appétit, et la plupart des chiens cachent cette douleur.
  • Avant tout changement de croquettes, ramenez les friandises sous 10 % des calories et servez deux repas à heures fixes.

Mon chien est difficile et refuse ses croquettes : que dit la balance ?

L’appétit d’un chien ne se mesure pas. Deux vétérinaires, Lily Johnson et Lisa Freeman, le rappellent en 2017 dans le JAVMA, la revue de l’association vétérinaire américaine : on le juge sur des faits, la quantité servie, la quantité mangée, le poids, l’état corporel et la masse musculaire. Pour elles, un chien qui reste à son poids idéal mange assez. Même s’il laisse des croquettes.

Pour vérifier, pesez votre chien, toujours sur la même balance, et notez le chiffre pour comparer d’une pesée à l’autre. Regardez aussi sa silhouette avec la grille de la WSAVA (2013) : à l’état idéal, les côtes se sentent sous les doigts sans couche de graisse épaisse, et la taille se voit derrière les côtes. Notre guide sur la quantité de croquettes selon le poids explique la méthode, et le calculateur de ration donne un ordre de grandeur.

Si le poids reste stable alors qu’il laisse des croquettes, la quantité servie dépasse peut-être ses besoins. Johnson et Freeman soulignent que les calories nécessaires pour garder son poids varient beaucoup d’un animal à l’autre : la dose du sac n’est qu’un point de départ. Le manuel vétérinaire Merck (2024) observe de son côté que si la plupart des chiens avalent tout de suite, certains grignotent tout au long de la journée.

Quand faut-il s’inquiéter ? Les deux autrices ont un mot pour chaque cas. Hyporexie, quand le chien mange trop peu pour garder son poids. Anorexie, quand il ne mange plus rien du tout. Dans les deux cas, on sort du caprice, et le chien doit être vu par le vétérinaire.

Dans une salle de bains, un homme en tee-shirt gris debout pieds nus sur un pèse-personne tient dans ses bras un bouledogue français bringé et baisse les yeux vers la balance

Pourquoi un chien apprend à bouder ses croquettes

Les chiens ont des préférences nettes, et elles se mesurent. Au centre Waltham de nutrition animale, au Royaume-Uni, Hewson-Hughes et ses collègues ont laissé des chiens de cinq races choisir entre plusieurs aliments (Behavioral Ecology, 2013). Ils ont composé leur menu autour d’un repère constant : environ 63 % de l’énergie venue des graisses, 30 % des protéines et 7 % des glucides. À la première rencontre avec les aliments, leur choix était un peu moins gras. Avec l’expérience, ils sont allés vers un peu plus de gras.

Surtout, ils ont mangé bien plus que leurs besoins. Dans l’essai avec des croquettes, les labradors ont avalé en moyenne 168 % de leur besoin d’entretien calculé, et leur poids a augmenté de 13,1 % pendant l’essai. Ces chiens n’avaient rien de difficile : ils avaient le choix, et ils en ont profité. À la maison, proposer une pâtée, puis du poulet, puis un autre sac revient à leur offrir ce choix.

Les friandises jouent le même rôle. Le Merck conseille de les garder sous 10 % des calories de la journée, parce que la plupart ne sont pas des aliments complets. Elles comptent pourtant dans les calories du jour, rappelle le manuel.

Tous les chiens n’ont pas le même appétit, non plus. Dans le Dog Aging Project, qui suit des chiens aux États-Unis, Gartner et ses collègues ont mesuré la motivation alimentaire de 13 890 chiens par questionnaire (American Journal of Veterinary Research, 2025). Elle était plus forte de 10,2 % dans le groupe « sporting » de l’American Kennel Club, celui des chiens d’arrêt et de rapport comme le labrador, et plus faible de 4,1 % dans le groupe « non sportif », qui réunit notamment le bichon frisé et le bouledogue français, par rapport aux croisés. Et la vie à plusieurs chiens la faisait monter de 3,56 %.

Ce sont des moyennes de groupe, pas un diagnostic pour votre chien.

Quand bouder devient un signe : dents, douleur, maladie

Le chien qui n’avale sa ration qu’avec une garniture ou qui se lasse d’un aliment au bout de quelques jours, puis en accepte un autre, a son mot à lui chez Johnson et Freeman : la dysrexie. Ces schémas, précisent-elles, peuvent résulter de maladies chroniques. Rien d’automatique, donc. Mais un comportement nouveau vaut une consultation.

La liste des causes médicales qu’elles dressent est longue : maladie dentaire, inflammation de la bouche, douleur d’arthrose, nausée, certains médicaments, odorat diminué, déclin cognitif du chien âgé. Le stress, un lieu de repas inhabituel ou la présence d’autres animaux peuvent aussi couper l’appétit.

Les dents méritent un regard à part. Le manuel Merck, dans sa version pour les propriétaires (2025), cite la baisse d’appétit parmi les signes d’une dent atteinte en profondeur, et ajoute que la plupart des chiens masquent leur douleur. Les petites races souffrent plus souvent de parodontite que les grandes, selon le même manuel. Au Royaume-Uni, O’Neill et ses collègues ont trouvé une maladie parodontale chez 12,52 % des chiens suivis en un an, avec un risque accru chez le cavalier king charles et chez les races à face plate (Journal of Small Animal Practice, 2021).

Ce que vous voyezCe que ça peut vouloir direQue faire
Poids stable, chien en forme, croquettes laisséesRation trop large ou trop d’extrasRevoir la ration et les extras
Mange seulement avec une garniture, se lasse viteHabitude apprise, ou maladie possibleEn parler au vétérinaire
Mauvaise haleine, gencives rouges, dents qu’il protègeMaladie dentaire possibleExamen de la bouche
Perd du poids, mange de moins en moinsApport insuffisant (hyporexie)Consultation
Ne mange plus rien, même ce qu’il adoreAnorexieVétérinaire sans attendre

Notre guide sur le brossage des dents dit quels signes de la bouche doivent faire consulter.

Dans un cabinet vétérinaire, une vétérinaire en tunique bleu clair soulève la babine d’un cavalier king charles blenheim posé sur la table d’examen pour regarder ses dents, pendant que sa propriétaire en gilet vert le tient par le harnais

Remettre les croquettes au menu, sans surenchère

Vous en êtes à votre troisième sac entamé ? Une fois la santé écartée, le reste tient à la routine, et elle ne coûte rien. Le Merck conseille pour la plupart des chiens adultes deux repas mesurés, servis à heures fixes. Comptez les friandises dans la ration du jour, et retirez autant de croquettes. Notre article sur la gamelle à volonté explique pourquoi une gamelle toujours pleine brouille le suivi.

Jetez ce qui reste d’un repas et servez frais au suivant : c’est l’un des conseils de Johnson et Freeman. Elles conseillent aussi de changer de gamelle, car certaines matières, surtout le plastique, gardent les mauvaises odeurs. Certains chiens préfèrent même une assiette. Côté sac, la FDA conseille de garder les croquettes au frais et au sec, sous 27 °C.

Pour relancer l’intérêt, les mêmes autrices proposent d’ajouter de l’eau aux croquettes ou de jouer sur la température, certains chiens aimant leur repas tiédi, d’autres non. Le bouillon maison fait partie de leurs pistes. Pas de bouillon du commerce : même allégé, il reste très salé, écrivent-elles. Vérifiez chaque ingrédient avec l’outil mon chien peut-il manger, l’oignon en premier.

Si vous changez de croquettes, faites-le une fois, progressivement, avec notre guide de la transition alimentaire. Puis gardez-le, sauf avis contraire du vétérinaire. Le plus dur reste de résister au regard qui vous fixe depuis la gamelle. Et si vous avez deux chiens, servez-les dans deux pièces, pour savoir qui mange quoi. Le guide de l’alimentation du chien reprend tous les repères sur la ration et les repas.

Questions fréquentes

Combien de temps un chien peut-il rester sans manger ?

Nous n’avons trouvé aucune source vétérinaire qui fixe un délai d’attente sans risque, et les « 24 ou 48 heures » qui circulent n’en citent aucune. Johnson et Freeman rangent un animal qui mange trop peu ou rien depuis plus de 3 à 5 jours parmi les cas à haut risque de dénutrition. Ce n’est pas un délai à attendre : un chien qui refuse tout se montre au vétérinaire.

Mon chien mange ses friandises mais pas ses croquettes, est-il malade ?

Pas forcément. S’il garde son poids et son entrain, il mange assez. Il préfère simplement le plus appétissant, comme les chiens de l’essai britannique qui allaient vers le plus gras quand ils avaient le choix. Ramenez les friandises sous 10 % des calories, comme le conseille le Merck. Si le refus est nouveau, ou s’il refuse qu’on touche ses dents, faites examiner sa bouche.

Faut-il changer de croquettes quand mon chien n’en veut plus ?

Une fois, oui, si l’aliment ne lui convient pas, et progressivement. Mais si chaque nouvel aliment est accepté quelques jours puis refusé, ce schéma porte un nom chez Johnson et Freeman, la dysrexie, et il mérite un avis vétérinaire. Pendant une maladie, mieux vaut ne pas changer d’aliment, selon elles, pour ne pas créer de dégoût durable.

Races concernées

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Sources

Notre méthode : sources publiques citées, contenus datés et relus.

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