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Santé

Massage cardiaque et respiration artificielle chez le chien

Votre chien ne réagit plus et ne respire pas normalement : trente compressions d’abord, puis deux insufflations par la truffe, mains placées selon sa poitrine.

Dans un salon, une femme à genoux sur le tapis pose ses deux mains superposées sur la poitrine d’un labrador sable couché sur le côté, calme et les yeux ouverts

Information santé : contenu informatif général, rédigé à partir des sources publiques citées en bas de page. Il ne remplace pas une consultation vétérinaire : en cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.

Votre chien s’est effondré dans le salon. Vous l’appelez, vous le secouez : rien. Sa poitrine ne se soulève plus, ou par à-coups. Le massage cardiaque et la respiration artificielle commencent maintenant, dans les dix secondes : trente compressions de la poitrine, puis deux insufflations par la truffe. Ne perdez pas de temps à lui fouiller la gueule d’abord.

À retenir

  • Un chien qui ne réagit pas et ne respire pas normalement doit être réanimé tout de suite, si c’est sans danger pour vous.
  • Seul, commencez par les compressions, dans les dix secondes, sans souffler d’abord.
  • Le rythme est de trente compressions, à 100 à 120 par minute, puis deux insufflations par la truffe.
  • Les mains se placent selon la forme de la poitrine, pas au même endroit pour un lévrier et un labrador.
  • Appelez la clinique en haut-parleur, et massez sans attendre qu’on décroche.

Votre chien ne réagit plus : faut-il le réanimer ?

Deux constats suffisent : il ne réagit ni à votre voix ni quand vous le secouez, et il ne respire pas régulièrement. Les recommandations RECOVER de premiers secours, publiées en août 2026 dans le Journal of Veterinary Emergency and Critical Care par Deborah Mandell et un collectif international de vétérinaires urgentistes, demandent alors une réanimation immédiate. Deux exceptions : un danger pour vous sur place, ou une décision prise à l’avance de ne pas le faire réanimer.

Méfiez-vous des faux signes de vie. Une respiration irrégulière ou des grands « gasps », ces bouffées d’air rares et brusques, comptent comme une absence de respiration, précisent les recommandations RECOVER de 2024 sur la réanimation (Burkitt-Creedon et collaborateurs). S’il ne fait que ça, il faut commencer.

Le premier geste est un appel. RECOVER conseille de téléphoner en haut-parleur plutôt que le téléphone à l’oreille ou par message : vos deux mains restent libres pour le chien. Appelez la clinique ou les urgences vétérinaires. Puis les mains sur la poitrine, sans attendre qu’on décroche.

Sur un parquet, un homme accroupi ramène vers l’arrière la patte avant d’un whippet couché sur le côté et pose la main sur sa poitrine, sous la pointe du coude

Massage cardiaque et respiration artificielle : l’ordre des gestes

Si vous êtes seul, commencez par la poitrine. RECOVER 2026 recommande de lancer les compressions dans les dix secondes qui suivent le constat, sans vérifier la gueule ni souffler d’abord. C’est un changement par rapport à ses anciennes consignes, qui faisaient regarder les voies respiratoires avant. Les auteurs reconnaissent qu’on ignore encore quel ordre est le meilleur chez le chien et le chat. Mais un particulier peut perdre de précieuses secondes à fouiller une gueule, alors que les compressions peuvent aussi déloger un objet coincé.

Le cycle tient en quatre temps :

  1. trente compressions, au rythme de 100 à 120 par minute ;
  2. une pause de quelques secondes au plus ;
  3. deux insufflations, données en moins de cinq secondes ;
  4. et l’on recommence, sans attendre.

Pour l’insufflation, RECOVER recommande le bouche-à-truffe : tête et cou dans l’axe de la colonne, pour ne pas plier les voies respiratoires, vous soufflez dans les narines. Si vous craignez pour vous, une maladie transmissible ou un chien qui aurait avalé un stupéfiant, faites seulement les compressions.

Vous ne vous arrêtez que pour trois raisons : quelqu’un arrive pour vous aider, la circulation repart, ou vous décidez de cesser. Si votre chien s’est effondré après s’être étouffé, la marche à suivre est la même, avec un coup d’œil dans la gueule entre deux séries : voyez notre guide sur le chien qui s’étouffe.

Où placer les mains selon la poitrine de votre chien

C’est le point que la plupart des conseils oublient : on ne masse pas un lévrier comme un bulldog. Les recommandations RECOVER de 2024 distinguent quatre cas.

ChienPositionOù appuyerComment
Moyen ou grand, poitrine en carèneCouché sur le côtéSur le cœur, sous la pointe du coudeLes deux mains superposées, talons sur le cœur
Moyen ou grand, poitrine rondeCouché sur le côtéLa partie la plus large de la poitrineLes deux mains superposées
Poitrine large, qui tombe sur le dosSur le dosLe milieu du sternumLes deux mains superposées, un quart de la profondeur
Petit chienCouché sur le côtéSur le cœurUne main, ou les deux pouces, l’autre main sous le dos

La poitrine en carène est celle des lévriers, comme le whippet : chien couché sur le côté, son profil descend en pente, comme une piste de ski. Pour trouver le cœur, ramenez la patte avant vers l’arrière : le cœur se trouve sous la pointe du coude, à peu près au tiers de la distance entre le sternum et la colonne. La poitrine ronde, dont le profil s’arrondit quand le chien est couché, est celle des retrievers, comme le labrador, et des chiens de type pit-bull : là, on appuie sur la partie la plus large. Un chien à poitrine très large comme le bulldog anglais qui retombe de lui-même sur le dos peut être massé dans cette position, mains sur le milieu du sternum.

Pour un petit chien comme un chihuahua, deux mains superposées risquent de trop comprimer le cœur, préviennent les auteurs. Trois façons de faire : les deux pouces sur le cœur, les doigts à plat de l’autre côté ; une seule main qui entoure la poitrine ; ou le talon d’une seule main, l’autre main tenant le dos.

Pour un chien moyen ou grand, verrouillez les coudes, gardez les épaules à la verticale des poignets et poussez avec les muscles du ventre : c’est plus fort, et moins fatigant. Si le chien est au sol, mettez-vous à genoux, les épaules toujours au-dessus des mains. Les doigts restent groupés.

Sur un chien couché sur le côté, la poitrine s’enfonce d’un tiers à la moitié de sa largeur : c’est pour cette force que les coudes restent verrouillés. Sur un petit chien, la poitrine, plus souple, cède plus facilement, notent les auteurs. Laissez-la remonter entièrement entre deux compressions : c’est à ce moment que le cœur se remplit de sang. À la clinique, RECOVER 2024 fait changer de masseur au bout de deux minutes au plus, dès qu’il fatigue. Si vous êtes deux, passez-vous la main de la même façon.

De nuit dans une voiture, une passagère tient contre elle un chihuahua, la main autour de sa poitrine, pendant que le conducteur roule en ville

Le trajet vers la clinique et les chances de survie

Reste le trajet. Sans ambulance pour animaux, écrit RECOVER, il faut soit obtenir une reprise sur place, soit arrêter le massage pendant le trajet, ce qui réduit les chances. Avec un petit chien, une solution existe : un passager, ceinture bouclée, continue les compressions d’une main ou en entourant la poitrine, et le bouche-à-truffe, pendant qu’un autre conduit vers la clinique la plus proche. Gardez le numéro de la clinique la plus proche dans votre trousse de secours.

Combien de chiens s’en sortent ? Le registre international RECOVER a suivi 1 207 chiens réanimés dans 22 hôpitaux vétérinaires entre 2016 et 2025. Un sur trois s’était arrêté avant d’arriver. Chez les animaux arrêtés hors de l’hôpital, une circulation n’est repartie que dans 9 % des cas, contre 38 % à l’hôpital, et seuls 4 % des chiens du registre sont rentrés chez eux (Hoehne et collaborateurs, Journal of Veterinary Emergency and Critical Care, 2026). Ces chiffres ne disent pas que le geste est inutile. RECOVER rappelle que certains chiens arrêtés hors de l’hôpital ont survécu, et que la réanimation par un témoin peut sauver des vies.

S’il se remet à respirer régulièrement et réagit, il n’est plus en arrêt, selon la définition de RECOVER 2024 : arrêtez les compressions et partez pour la clinique la plus proche. Les signes d’une urgence qui ne peut pas attendre sont détaillés dans notre guide urgence vétérinaire : 12 signes.

Questions fréquentes

Faut-il prendre le pouls de mon chien avant de commencer ?

Ce n’est pas lui qui décide. Le chapitre de RECOVER 2026 sur la réanimation par un témoin ne parle pas de pouls : il fonde la décision sur deux constats, le chien ne réagit pas et il ne respire pas régulièrement. Il fait commencer les compressions sans délai. À la clinique, c’est l’équipe qui contrôle le pouls, pendant les pauses du massage.

Comment faire un massage cardiaque à un chiot ?

Un chiot se masse comme un petit chien : deux pouces sur le cœur, ou une seule main. Le nouveau-né, lui, a ses propres recommandations RECOVER, écrites en 2025 pour les vétérinaires. Elles commencent par stimuler, dégager les voies et ventiler, puis alternent quatre compressions pour une insufflation, à 150 par minute, avec un ou deux doigts posés sur le cœur. Pendant une mise bas, gardez votre vétérinaire au téléphone.

Combien de temps continuer le massage cardiaque ?

RECOVER ne fixe pas de durée pour un particulier. Le cycle continue jusqu’à ce que de l’aide arrive, que le chien reprenne une circulation ou que vous arrêtiez. Ce qui compte : des pauses courtes. Et, si vous êtes deux, des relais réguliers, avec la clinique prévenue dès le début, en haut-parleur. Sans ambulance pour animaux, la plupart des chiens devront être réanimés sur place avant le trajet.

Races concernées

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Sources

Notre méthode : sources publiques citées, contenus datés et relus.

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