Aller au contenu
BBChien
Chiot & adoption

Arnaques à l'adoption en ligne : les repérer et réagir

Près d'une annonce d'animal en ligne sur deux est erronée ou frauduleuse. Le second paiement, réclamé au nom de la douane, est le vrai piège.

Dans un salon éclairé par une seule lampe, une femme assise dans un canapé sous une couverture regarde son téléphone en fronçant les sourcils, une tasse et des objets posés sur la table basse

« Donne chiot de race contre bons soins. » L’annonce est sur Facebook, la photo est adorable, le prix est nul. Vous cherchez comment repérer les arnaques à l’adoption en ligne. Le tri ne se fait pas sur l’annonce : il se fait sur le moment où l’on vous réclame un second paiement, souvent au nom de la douane.

À retenir

  • Selon l’I-CAD, cité par le Sénat dans son rapport du 7 juin 2023, « près de 50 % des annonces de vente en ligne sont erronées et, dans bien des cas, frauduleuses ».
  • Le scénario publié par la douane : un chiot de race donné sur Facebook, puis un courriel annonçant l’animal bloqué à l’aéroport parce que la cage ne serait pas aux normes.
  • « L’administration des douanes ne valide pas le format des cages et ne taxe pas ce type d’envoi », écrit la direction générale des douanes.
  • Le numéro d’identification annoncé se vérifie gratuitement sur le site de l’I-CAD, avant tout paiement.
  • Si vous avez payé : opposition bancaire, plainte pour escroquerie, signalement de l’annonce, et Info Escroqueries au 0 805 805 817.

Les arnaques à l’adoption en ligne : le scénario publié par la douane

Le 27 août 2025, la direction générale des douanes et droits indirects a mis en ligne une alerte au titre sans détour : « Alerte arnaque : achat de chiots bloqué par la douane ». Elle ne décrit pas une ambiance, elle décrit un enchaînement.

ÉtapeCe que vous voyezCe qui se joue
1Une annonce Facebook : « Donne chiot de race contre bons soins... »Le chien n’existe pas, ou pas chez ce vendeur
2L’échange bascule en message privé, chaleureux et presséLes commentaires publics sont fermés
3Un premier versement modeste, transport ou réservationIl sert à vous engager, pas à vous ruiner
4Un courriel : le chiot est bloqué à l’aéroport, cage non conformeC’est ici que part la vraie somme

La douane donne aussi le signal le plus simple. Les chiens utilisés comme appât sont presque toujours des races que tout le monde reconnaît, et elle le dit sans détour : « les Chihuahua, Labrador, Husky de Sibérie, etc... sont rarement gratuits. Ces chiens sont vendus par les éleveurs autour de 1 000 euros. » Un chiot de ces trois races donné à un inconnu, sans contrepartie, n’est pas une bonne affaire. C’est une anomalie.

L’orthographe compte aussi, mais moins qu’on ne le dit. Un escroc appliqué écrit correctement. La séquence, elle, ne varie pas.

À une table de salle à manger près d’une fenêtre, un homme d’une cinquantaine d’années tient une carte bancaire devant un ordinateur portable ouvert, un carnet et des papiers administratifs étalés à côté

Pourquoi le second paiement est le vrai piège

Le premier versement est calibré pour être accepté sans réfléchir. Le second ne l’est pas : il arrive sous l’autorité d’une administration, avec un ton officiel et une urgence, parce que c’est ce mélange qui fait payer.

Or la douane a écrit la phrase qui règle la question : « L’administration des douanes ne valide pas le format des cages et ne taxe pas ce type d’envoi. » Un courriel qui vous réclame de l’argent pour une caisse de transport, au nom de la douane, se disqualifie de lui-même. Aucune vérification à faire, aucun numéro à appeler pour en avoir le cœur net.

Se réclamer d’une administration n’est d’ailleurs pas un détail du scénario, c’est ce qui l’aggrave. La fiche Service Public sur l’escroquerie, vérifiée le 28 mai 2025, fixe la peine à cinq ans de prison et 375 000 euros d’amende, et la porte à sept ans et 750 000 euros lorsque « l’escroc prend l’identité d’un agent public ». Même arrêtée en chemin, la manœuvre reste punissable : la tentative est punie des mêmes peines.

Les contrôles qui ne coûtent rien, avant de payer

Trois vérifications, faites depuis chez vous, avant le moindre virement.

ContrôleCommentCe qui doit vous arrêter
Le numéro d’identificationLe saisir sur l’outil public de l’I-CADNuméro absent, refusé, ou qui décrit un autre animal
Les mentions obligatoiresLes relire une par une dans le texte de l’annonceUne seule manquante suffit à renoncer
La mention « annonce vérifiée »La chercher sur l’annonce elle-mêmeSon absence veut dire qu’aucun contrôle n’a eu lieu

Sur le premier, le ministère de l’Agriculture est direct, sur sa page du 15 décembre 2025 : « Vérifiez toujours le numéro d’identification de l’animal sur ICAD. Si l’animal n’existe pas ou ne correspond pas aux informations renseignées, passez votre chemin : il s’agit probablement d’une fraude ou d’une arnaque. » C’est le contrôle qui coupe court, parce qu’un chien inventé n’a pas de numéro.

Les mentions, ensuite. Vente et don portent la même liste : noms scientifique et courant de l’espèce et de la race, sexe, lieu de naissance, numéro d’identification I-CAD, âge, et inscription ou non à un livre des origines. L’offre de vente y ajoute le prix, celle de don la mention du don gratuit sans contrepartie. Ne pas respecter cette réglementation expose le cédant à 450 euros d’amende, indique la fiche Service Public F34329. Le guide complet de l’adoption replace ces mentions dans le parcours d’ensemble.

Quant au label, il n’est pas décoratif : le site qui publie doit d’abord contrôler l’enregistrement de l’animal au fichier national et l’identité du propriétaire. C’est cette obligation, et non votre intuition, qui trie les annonces.

Au guichet d’accueil d’une gendarmerie, une femme debout tient un dossier de papiers et un téléphone et parle à un agent en uniforme vu de dos, des chaises vides le long du couloir

Vous avez payé : quoi faire, et dans quel ordre

L’ordre compte, parce que seule la première a encore une chance d’arrêter le paiement.

  1. Prévenez votre banque tout de suite et faites opposition. La fiche Service Public le dit sans promettre : la démarche permet de tenter d’annuler l’opération, sans garantie de succès, et d’éviter une nouvelle fraude.
  2. Signalez la fraude à la carte bancaire sur Perceval. Les banques demandent généralement cette démarche pour prouver que vous avez prévenu le service de la gendarmerie spécialisé. Si vous l’utilisez, confirmez aussi votre opposition par écrit, sans délai.
  3. Portez plainte pour escroquerie, au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix, qui sont obligés d’enregistrer votre plainte. Quand vous ne connaissez pas l’auteur des faits, le service en ligne THESEE indique si votre cas permet une plainte en ligne.
  4. Signalez l’annonce elle-même sur PHAROS, la plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements, pour que la page cesse de servir.
  5. Faites-vous aider. La plateforme Info Escroqueries, tenue par des policiers et des gendarmes, répond au 0 805 805 817, du lundi au vendredi de 9 heures à 18 h 30, appel et service gratuits. Cybermalveillance.gouv.fr propose une assistance en ligne.

Et pour la suite, remettez le chien avant l’annonce : un refuge vous fait rencontrer l’animal avant tout engagement, et l’outil quel chien choisir travaille sur votre profil plutôt que sur une photo.

Questions fréquentes

Un chien de race peut-il vraiment être donné sur internet ?

Donner est légal, y compris en ligne. Mais la douane rappelle que les chiens de race recherchés « sont rarement gratuits » et se vendent autour de 1 000 euros chez un éleveur. Un chien de race offert à un inconnu, avec urgence et paiement à distance, se traite comme une anomalie jusqu’à preuve du contraire.

Les sites d’annonces ont-ils une obligation de contrôler ce qu’ils publient ?

Oui. Le ministère de l’Agriculture impose au diffuseur de vérifier la validité de l’enregistrement de l’animal au fichier national d’identification et l’identité du propriétaire, puis de labelliser l’annonce en indiquant « annonce vérifiée ». Une annonce sans cette mention n’a franchi aucun de ces contrôles.

Je n’ai rien payé, j’ai seulement répondu : dois-je faire quelque chose ?

Oui, signalez l’annonce sur PHAROS. La tentative d’escroquerie est punie des mêmes peines que l’escroquerie, et votre signalement sert aux suivants. Surveillez aussi vos comptes et ne rappelez aucun numéro donné dans les échanges, même présenté comme celui d’un service officiel.

Races concernées

À lire ensuite

Sources

Notre méthode : sources publiques citées, contenus datés et relus.

Commentaires

Une expérience à partager, une question, une précision ? Chaque commentaire est relu par notre équipe avant sa mise en ligne.