Mon chiot ne dort pas assez : protéger ses siestes, pas l’épuiser
Un chiot qui ne se pose jamais n’a pas besoin d’être épuisé. Il lui faut des siestes protégées, une routine stable et parfois un vétérinaire.

Information santé : contenu informatif général, rédigé à partir des sources publiques citées en bas de page. Il ne remplace pas une consultation vétérinaire : en cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.
Il est 21 heures. Votre chiot de onze semaines fait le tour du salon à fond de train, attrape le bas du rideau, mordille vos chevilles et refuse son panier. « Mon chiot ne dort pas assez », vous dites-vous. Ou alors : « Il ne s’est pas assez dépensé. » La première idée est peut-être juste. La seconde fait fausse route : un chiot trop fatigué peut s’agiter davantage. Ce soir, sortez-le pour ses besoins, baissez la lumière et offrez-lui un coin calme.
À retenir
- Aucune étude n’a fixé une durée de sommeil « normale » pour un chiot : les chiffres qui circulent n’ont pas de source.
- Selon Dogs Trust, un chiot trop fatigué peut devenir plus excité, et trop d’exercice peut l’empêcher de se poser.
- Les nuits courtes vont avec davantage de problèmes de comportement dans deux études britanniques (Tooley et Heath, 2022 ; Dale et collaborateurs, 2024).
- Une routine prévisible et un coin calme aident plus qu’une longue promenade ; pendant le jeu, faites des pauses.
- Un chiot qui ne trouve jamais de position, ronfle très fort ou semble gêné pour respirer doit voir le vétérinaire.
Mon chiot ne dort pas assez : combien devrait-il dormir ?
Personne ne peut vous donner un chiffre fiable.
On lit dix-huit heures, vingt heures, treize heures. Aucune étude ne les appuie, à notre connaissance. Les meilleures données sur des chiots vivant en famille viennent de la cohorte britannique Generation Pup. Kinsman et collaborateurs (Animals, 2020) y ont demandé aux maîtres combien de temps dormait leur chien à 16 semaines puis à 12 mois :
| Durée déclarée par les maîtres | À 16 semaines | À 12 mois |
|---|---|---|
| Nuit (moyenne) | 7,0 heures | 7,3 heures |
| Journée (médiane) | 3,5 heures | 3,0 heures |
| Total sur 24 heures (moyenne) | 11,2 heures | 10,8 heures |
| Écart-type du total | 2,9 heures | 2,7 heures |
Si votre chiot dort moins que ces moyennes, pas de panique : une moyenne n’est pas une norme. Deux limites, signalées par les auteurs. Ce sont des estimations de maîtres, qui ne veillaient pas pour observer. Et à 16 semaines, seuls 58,1 % des maîtres savaient estimer le sommeil de jour, celui des siestes qu’on ne voit pas toujours.
Avec un écart-type de près de trois heures, la durée varie beaucoup d’un chiot à l’autre. Tooley et Heath, vétérinaires comportementalistes britanniques, le concluent dans Animals en 2022 : il n’est pas possible de déterminer une durée de sommeil optimale chez le chien. Notre guide sur la première semaine jour par jour revient sur ces chiffres, et notre guide complet pour adopter un chien sur tout ce qui précède l’arrivée.
Plutôt que de compter les heures, regardez le chiot. S’endort-il facilement après une activité, se réveille-t-il calme ? Ou passe-t-il ses soirées en vrille ?

Le chiot qui s’emballe le soir peut être un chiot fatigué
L’association britannique Dogs Trust l’écrit dans ses conseils de 2026 :
Les chiots peuvent aussi devenir plus excités quand ils sont trop fatigués.
Dogs Trust, 2026 (notre traduction)
Elle ajoute qu’un chiot peut avoir du mal à se reposer s’il a fait trop d’exercice. La course folle du soir, les mordillements qui redoublent : tout cela ressemble à un trop-plein d’énergie.
C’est peut-être de la fatigue.
L’épuiser avec une heure de balle de plus risque donc d’aggraver la soirée. Tooley et Heath ont interrogé les maîtres de 1 330 chiens de 6 mois à plus de 17 ans, âgés de près de six ans en moyenne. Quand un chien dormait moins de 8 heures pendant que son maître était au lit, ses problèmes de comportement étaient jugés plus sévères, et c’était aussi le cas des chiens qui se réveillaient facilement dans la journée. Leur conclusion :
Un problème de comportement ne devrait pas être réglé en privant le chien de sommeil.
Tooley et Heath, Animals, 2022 (notre traduction)
C’est une corrélation : un chien anxieux dort peut-être moins parce qu’il est anxieux. Plus de 10 heures pendant que le maître dormait allaient aussi avec plus de problèmes ; les auteurs évoquent une maladie ou une douleur qui ferait dormir davantage. Aucune de ces données ne montre qu’un chien « mieux dépensé » serait plus calme.
Ce que le sommeil change : apprendre, rester seul
Le sommeil aide aussi à apprendre. Kis et collaborateurs (Scientific Reports, 2017) ont fait apprendre des ordres nouveaux à des chiens adultes, puis leur ont fait passer l’heure suivante de quatre façons : dormir, se promener en laisse, jouer avec un jouet fourré, ou apprendre autre chose. Une semaine plus tard, et après leurs nuits à la maison, les chiens des trois premiers groupes avaient progressé. Ceux qui avaient enchaîné un second apprentissage, non.
Ce sont des adultes, pas des chiots, et l’expérience ne dit pas combien de sommeil il faut. Elle donne quand même une piste. Vous venez de travailler le « assis » cinq minutes ? Laissez-le mâchonner dans son coin au lieu d’enchaîner sur le « couché ». Notre guide sur la durée d’une séance d’éducation détaille le rythme.
Il pourrait aussi peser sur la solitude. Dans la cohorte Generation Pup, Dale et collaborateurs (Animal Welfare, 2024) ont suivi 145 chiots. Avant 16 semaines, une partie des maîtres déclaraient 6 à 8 heures de sommeil la nuit au plus. Ces chiots montraient plus souvent, à six mois, des comportements liés à la séparation que ceux qui dormaient 9 heures ou plus. Même chose pour les chiots qui ne passaient pas la nuit dans une caisse ou une pièce fermée. Les auteurs le répètent : ce sont des associations, et il se peut qu’un chiot moins anxieux dorme mieux.
Nos guides sur l’apprentissage de la solitude et sur la caisse, outil ou maltraitance vont plus loin.
Aider votre chiot à dormir : la routine et le coin calme
Rien de tout cela n’est compliqué. On ne force pas un chiot à dormir, rappelle Dogs Trust, on lui en donne l’occasion. Ses conseils, tirés de ses pages sur l’agitation (2026) et la routine (2022) :
| Situation | Ce qui aide |
|---|---|
| Pendant le jeu | Une courte pause toutes les 5 à 10 minutes |
| Avant la sieste | Un jeu de flair, puis une sortie pour ses besoins |
| Pour se poser | Un objet à mâcher qui dure ou un tapis à lécher |
| Le coin de repos | Calme, un peu sombre, panier ou caisse ouverte, eau à portée |
| Sur la journée | Des siestes et un coucher aux mêmes moments chaque jour |
Pour Dogs Trust, un chien qui sait quand vient la sieste s’installe sans guetter autre chose. L’association juge la routine particulièrement importante jusqu’à quatre mois. Une radio à faible volume peut aider, selon elle.
Si tout le monde passe devant le panier, déplacez-le : le coin derrière le canapé vaut mieux que le couloir de la cuisine. Et une règle pour les enfants, à répéter souvent : un chiot qui dort, on le laisse.
La nuit, beaucoup de chiots cherchent votre présence. Dans la cohorte de Kinsman, parmi les chiots de 16 semaines qui avaient accès à leurs maîtres la nuit, 86,7 % choisissaient d’être près d’eux. Notre guide sur la première nuit du chiot explique comment l’installer. S’il pleure encore après deux semaines, voyez mon chiot pleure la nuit.

Quand en parler au vétérinaire
Certains chiots ne dorment pas parce qu’ils sont mal. Dogs Trust décrit le chien qui a mal ou qui est inconfortable : il fait les cent pas et change sans cesse de place. Si votre chiot se relève dès qu’il s’allonge ou gémit en changeant de position, parlez-en à votre vétérinaire.
La respiration compte aussi. Chez les races à face courte, le sommeil peut être haché par des pauses respiratoires. Niinikoski et collaborateurs (Journal of Veterinary Internal Medicine, 2024) ont enregistré une nuit à domicile de 63 chiens adultes. Chez les brachycéphales, l’indice d’événements respiratoires obstructifs était en moyenne 5,6 fois plus élevé. Chez Kinsman, à 12 mois, les maîtres décrivaient comme de gros ronfleurs 4 carlins sur 4 et 4 bouledogues français sur 6, des effectifs minuscules. Le bulldog anglais fait partie des races à tête courte suivies par Niinikoski. Quelle que soit la race, un ronflement fort et régulier se signale au vétérinaire.
L’Association américaine des hôpitaux vétérinaires (AAHA, 2024) range deux de ces signes parmi les urgences : une respiration difficile ou bruyante, et un animal anormalement abattu qui ne répond plus. Dormir beaucoup puis se réveiller vif n’a rien d’inquiétant. Si vous n’arrivez pas à le réveiller, en revanche, appelez sans attendre votre vétérinaire ou le service de garde.
Pas encore de chiot, et une race à tête courte vous tente ? Notre comparateur de races met deux races côte à côte, et notre questionnaire pour choisir un chien aide à trouver celle qui colle à votre vie.
Questions fréquentes
Mon chiot dort beaucoup, est-ce trop ?
Pas forcément. Chez Kinsman et collaborateurs, le total déclaré varie de plusieurs heures d’un chiot à l’autre. Ce qui doit alerter, c’est le changement : un chiot qui dormait normalement et devient abattu ou se réveille mal. Dans ce cas, appelez votre vétérinaire sans attendre qu’il se rétablisse seul.
Doit-il dormir dans ma chambre ?
Les deux options se défendent. Dans la cohorte de Kinsman, la plupart des chiots qui avaient accès à leurs maîtres la nuit choisissaient d’être près d’eux. Chez Dale et collaborateurs, passer la nuit dans une caisse ou une pièce fermée avant 16 semaines allait avec moins de comportements liés à la séparation à six mois, sans que l’étude puisse dire lequel entraîne l’autre. Choisissez un endroit calme et gardez-le d’une nuit à l’autre.
Peut-on lui donner quelque chose pour dormir ?
Non, rien de votre propre initiative. Aucun produit « pour dormir » n’a sa place sans avis vétérinaire, et un chiot qui ne dort pas a d’abord besoin qu’on cherche pourquoi. Dogs Trust conseille plutôt des objets à mâcher ou à lécher, en demandant au vétérinaire lesquels conviennent à votre chiot. S’il reste agité malgré une routine stable, prenez rendez-vous.
Races concernées
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Sources
- Kinsman, Owczarczak-Garstecka, Casey, Knowles, Tasker, Woodward, Da Costa et Murray, Sleep Duration and Behaviours: A Descriptive Analysis of a Cohort of Dogs up to 12 Months of Age, Animals 10, 1172 (2020)
- Tooley et Heath, Sleep Characteristics in Dogs; Effect on Caregiver-Reported Problem Behaviours, Animals 12, 1753 (2022)
- Dale, Burn, Murray et Casey, Canine separation-related behaviour at six months of age: Dog, owner and early-life risk factors identified using the ’Generation Pup’ longitudinal study, Animal Welfare 33, e60 (2024)
- Kis, Szakadát, Gácsi, Kovács, Simor, Török, Gombos, Bódizs et Topál, The interrelated effect of sleep and learning in dogs (Canis familiaris); an EEG and behavioural study, Scientific Reports 7, 41873 (2017)
- Niinikoski, Himanen, Tenhunen, Aromaa, Lilja-Maula et Rajamäki, Evaluation of risk factors for sleep-disordered breathing in dogs, Journal of Veterinary Internal Medicine 38, 1135-1145 (2024)
- Dogs Trust, Helping a hyper or restless dog to calm down (17 juin 2026)
- Dogs Trust, How to get your dog into a routine (10 mai 2022)
- AAHA, Help! Is This a Pet Emergency? (5 septembre 2024)
Notre méthode : sources publiques citées, contenus datés et relus.
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