Mon chiot pleure la nuit : combien de temps, et quand s’inquiéter
Sept chiots sur dix dormant seuls pleurent la première nuit, bien moins après deux semaines. Au-delà, cherchez le besoin caché plutôt que d’attendre qu’il s’habitue.

Information santé : contenu informatif général, rédigé à partir des sources publiques citées en bas de page. Il ne remplace pas une consultation vétérinaire : en cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.
Il est 3 heures du matin. Votre chiot est arrivé il y a douze jours et il pleure encore derrière la porte. Mon chiot pleure la nuit : est-ce normal à ce stade ? Les premières nuits, oui. Mais une étude britannique qui a compté ces nuits une par une montre que les pleurs retombent en une à deux semaines. Au-delà, mieux vaut chercher le besoin qui se cache derrière.
À retenir
- Dans l’étude de Taylor et Mills (2007), 71 % des chiots dormant seuls pleuraient la première nuit, 22 % la septième, moins de 15 % après deux semaines.
- Des pleurs qui durent au-delà de deux à trois semaines ne sont pas la règle : cherchez la cause au lieu d’attendre.
- Les quatre pistes à vérifier : l’envie d’uriner, un couchage éloigné trop vite, une journée mal remplie, une douleur ou une maladie.
- Aucune des sources consultées ne conseille de le laisser pleurer, et Dogs Trust recommande de revenir dormir près de lui.
- Diffuseurs et colliers de phéromones : des résultats partiels, et une revue systématique qui juge les preuves insuffisantes.
Combien de nuits un chiot pleure, d’après une étude qui les a comptées
Katy Taylor et Daniel Mills, de l’université de Lincoln, ont suivi 60 chiots de race placés entre 6 et 10 semaines chez des particuliers (Applied Animal Behaviour Science, 2007). Pendant huit semaines, chaque matin, les maîtres cochaient une case. Le chiot les avait-il dérangés cette nuit-là ? Les pleurs comptaient, le grattage insistant à la porte aussi. Voici ce qu’ils ont relevé chez les 49 chiots qui dormaient sans autre chien.
| Nuit chez vous | Part des chiots qui dérangent leurs maîtres |
|---|---|
| 1re nuit | 71 % |
| 7e nuit | 22 % |
| Après la 14e nuit | Moins de 15 % chaque nuit |
| Après la 28e nuit | Un ou deux chiots, par intermittence |
En moyenne, un chiot a pleuré 5,5 nuits sur les 56 de l’étude, la plupart pendant la première semaine. La moitié en a fait quatre ou moins. Deux chiots ont pourtant tenu 23 et 25 nuits, douze de plus que le suivant.
Ces chiffres viennent de carnets remplis par les maîtres. Ils ne disent ni la durée des pleurs ni leur force. Mais ils donnent un repère. Si votre chiot pleure encore la plupart des nuits au bout de deux ou trois semaines, il fait partie d’une petite minorité. Rien d’alarmant pour autant. Cela vaut quand même la peine de chercher ce qui ne va pas. La toute première nuit a son propre guide : la première nuit du chiot. Le guide complet pour adopter un chien replace ces premières semaines dans l’ensemble de l’arrivée.

Mon chiot pleure la nuit depuis des semaines : les quatre pistes
Le moment où il pleure et ce qui le calme vous orientent. Notez-les pendant trois ou quatre nuits.
| Ce que vous observez | Piste probable | Que faire |
|---|---|---|
| Il pleure, puis urine ou fait ses selles s’il sort | L’envie d’uriner | Une sortie calme et courte, puis retour au couchage |
| Il se calme dès que vous revenez dans la pièce | Couchage éloigné trop vite | Revenir dormir près de lui, reculer plus lentement |
| Il s’agite et court partout avant le coucher | Journée mal remplie, fatigue | Plus d’activité le jour, une soirée calme |
| Il urine souvent, avec difficulté, ou semble avoir mal | Douleur ou maladie | Consulter le vétérinaire |
L’envie d’uriner. C’est la piste qui dure le plus. Chez Taylor et Mills, les accidents de nuit ont reculé bien plus lentement que les pleurs : la 28e nuit, 45 % des chiots s’étaient encore soulagés à l’intérieur. L’association Dogs Trust le rappelle dans sa fiche sur les premières nuits (2022) : il faudra du temps avant que votre chiot passe une nuit entière sans sortir. Prévoyez ces sorties. Le guide de la propreté du chiot détaille l’apprentissage.
Un couchage éloigné trop vite. Dogs Trust propose d’éloigner le panier de votre lit, ou votre lit du panier, tous les quelques nuits. Si les pleurs reprennent juste après un recul, commencez par là : la marche à suivre est détaillée plus bas.
Une journée mal remplie. Toujours selon l’association britannique, un chiot qui a eu une journée active, avec promenades, jeux et courtes séances d’éducation, dort mieux. Les mêmes gestes chaque soir, rideaux tirés, l’aident à décrocher. Et le chiot qui court partout le soir est souvent fatigué, pas en manque d’exercice, prévient-elle.
Une douleur ou une maladie. Le Merck Veterinary Manual (2025) demande d’écarter la douleur et toute maladie qui fait uriner plus souvent avant de parler de comportement. Une cystite, par exemple, fait uriner souvent, avec douleur ou difficulté, parfois au mauvais endroit, selon la version du manuel destinée aux propriétaires (2024). Voyez notre fiche sur la cystite du chien.
Si rien de tout cela ne colle, Dogs Trust évoque une anxiété de séparation. L’association conseille alors de passer par le vétérinaire, qui orientera vers un comportementaliste. Le Merck décrit ce trouble par un ensemble de signes : vocalises de détresse, destructions, malpropreté, va-et-vient, incapacité à se poser. Un chien qui suit sa famille partout n’est pas plus à risque, précise le manuel. Notre guide sur l’anxiété de séparation va plus loin.
Faut-il le laisser pleurer pour ne pas l’habituer ?
C’est un conseil qu’on lit souvent : attendre qu’il se taise avant d’aller le voir, pour ne pas récompenser les pleurs. Aucune des sources consultées pour ce guide ne le donne. Et nous n’avons trouvé aucune étude qui compare les deux façons de faire.
Dogs Trust dit l’inverse, dans sa page sur l’installation du chiot :
S’il pleure, revenez dormir dans la même pièce et éloignez le lit encore plus lentement qu’avant (cela s’est peut-être fait trop vite !).
Dogs Trust, How to help your puppy get settled into your home, 2022 (notre traduction)
L’association ajoute de vérifier qu’il a pu aller aux toilettes et de lui laisser de quoi s’occuper en toute sécurité. Et elle déconseille de l’enfermer dans sa caisse la nuit.
Aller le voir ne veut pas dire jouer. Une présence calme, la lumière au plus bas, une sortie sans bavardage si besoin, et vous vous recouchez. L’American Veterinary Society of Animal Behavior (AVSAB) écarte, dans sa prise de position de 2021, les méthodes aversives, qui reposent par définition sur la force, la douleur ou l’inconfort. Crier, taper sur la caisse ou poser un collier anti-aboiement en font partie.
La solitude se travaille le jour, pas à 3 heures du matin. Notre guide pour habituer un chien à rester seul propose la progression.

Diffuseurs, colliers, autre chien : ce que valent les solutions toutes faites
Reste la tentation du rayon animalerie.
Commençons par les phéromones. Diffuseurs et colliers reproduisent une odeur apaisante de la chienne qui allaite. Deux essais contre placebo les ont testés sur des chiots qui arrivent dans leur famille.
Dans le premier, celui de l’équipe de Lincoln (2007), mené avec le soutien du fabricant qui fournissait les diffuseurs, le produit n’a raccourci les pleurs que chez les chiens d’arrêt et de rapport : une médiane de trois nuits contre neuf sous placebo. Ce groupe ne comptait que 21 chiots, surtout des labradors, des braques de Weimar et des épagneuls, la famille du cocker anglais. Chez les autres races, aucune différence : trois nuits dans les deux groupes.
Même produit, autre verdict chez Gaultier et ses collègues, dans un article signé depuis l’institut de recherche Phérosynthèse (Veterinary Record, 2008) : sur 66 chiots d’animalerie, le collier a réduit la détresse, et les pleurs nocturnes ont cessé plus tôt.
En 2010, une revue systématique de Frank et collaborateurs (JAVMA) a jugé les preuves insuffisantes pour les pleurs et la malpropreté des chiots récemment adoptés. L’effet reste donc à démontrer. Si vous voulez essayer, parlez-en à votre vétérinaire, sans en attendre qu’il remplace les pistes précédentes.
Quant à la bouillotte et au réveil qui fait tic-tac, nous n’avons trouvé aucune étude qui les ait testés.
Dormir avec un autre chien. C’est le résultat le plus net des deux chercheurs : les chiots qui dormaient avec un chien de la maison ont pleuré une médiane de zéro nuit, contre quatre pour ceux qui dormaient seuls. Les auteurs ajoutent une condition : seulement si c’est sans danger. Et une autre étude invite à la prudence. Stephan et ses collègues ont filmé 77 chiens laissés seuls chez eux (Applied Animal Behaviour Science, 2021) : la présence d’un congénère familier ne réduisait pas les gémissements.
Ne prenez pas un deuxième chien pour calmer ses nuits.
Questions fréquentes
Mon chiot ne pleurait plus et recommence la nuit, pourquoi ?
Un changement brutal mérite un avis vétérinaire. Le Merck Veterinary Manual demande d’écarter d’abord la douleur et les maladies qui font uriner plus souvent, comme une cystite. Repensez aussi aux derniers jours : panier déplacé, absence plus longue que d’habitude ? Notez quand il pleure et ce qui le calme, et apportez ces notes à la consultation.
Faut-il enfermer mon chiot dans sa caisse la nuit ?
Dogs Trust déconseille de fermer la caisse la nuit quand le chiot vient d’arriver. Chez Taylor et Mills, la caisse n’est pas ressortie comme un facteur des pleurs, mais les chiots en caisse se sont moins soulagés la nuit. Si vous l’utilisez, habituez-le d’abord le jour, sans le forcer, avec notre guide sur la caisse de transport.
À quel âge un chiot fait-il ses nuits ?
Il n’existe pas d’âge fixe. Dans l’étude de Taylor et Mills, les chiots arrivaient vers 8 semaines. Deux mois plus tard, vers 4 mois, 10 à 20 % d’entre eux ne se retenaient toujours pas la nuit. Vous n’avez pas encore votre chiot ? Quel chien choisir et le comparateur de races aident à mesurer ce qu’il vous demandera.
Races concernées
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Sources
- Taylor et Mills, A placebo-controlled study to investigate the effect of Dog Appeasing Pheromone and other environmental and management factors on the reports of disturbance and house soiling during the night in recently adopted puppies, Applied Animal Behaviour Science 105(4), 358-368 (2007)
- Gaultier, Bonnafous, Vienet-Legué, Falewee, Bougrat, Lafont-Lecuelle et Pageat, Efficacy of dog-appeasing pheromone in reducing stress associated with social isolation in newly adopted puppies, Veterinary Record 163(3), 73-80 (2008)
- Frank, Beauchamp et Palestrini, Systematic review of the use of pheromones for treatment of undesirable behavior in cats and dogs, JAVMA 236(12), 1308-1316 (2010)
- Dogs Trust, First nights with a new puppy (23 juin 2022)
- Dogs Trust, How to help your puppy get settled into your home (21 juin 2022)
- Stephanie Borns-Weil, relecture Carlo Siracusa, Behavior Problems of Dogs, Merck Veterinary Manual, révision de septembre 2025
- Scott A. Brown, Infectious Diseases of the Urinary System in Dogs, Merck Veterinary Manual, version pour les propriétaires (septembre 2024)
- Stephan, Leidhold et Hammerschmidt, Pet dogs home alone: A video-based study, Applied Animal Behaviour Science 244, 105463 (2021)
- American Veterinary Society of Animal Behavior, Position Statement on Humane Dog Training (2021)
Notre méthode : sources publiques citées, contenus datés et relus.
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