Les papiers obligatoires à la remise du chiot : la vraie liste
Trois papiers viennent du vendeur, un quatrième vient d’I-CAD, et le cinquième se signe sept jours plus tôt. Voici ce que les textes imposent vraiment.

Le vendeur vous tend une pochette sur le pas de la porte. Les papiers obligatoires à la remise du chiot sont trois, et trois seulement, de son côté : une attestation de cession, un certificat vétérinaire de moins de trois mois, et le certificat de naissance si le chiot est inscrit au LOF. Le reste se joue ailleurs, avant et après.
À retenir
- Le vendeur vous remet une attestation de cession, un certificat vétérinaire et, pour un chiot LOF, un certificat de naissance.
- Le certificat d’engagement ne se reçoit pas : c’est vous qui le signez, au moins sept jours avant de repartir avec le chiot.
- La carte d’identification vient des services I-CAD, une fois le changement de détenteur fait.
- Le carnet de santé et le pedigree ne figurent dans aucun texte qui règle la cession.
- Un chien cédé sans certificat vétérinaire ou sans identification expose le vendeur à 750 euros d’amende.
Les papiers obligatoires à la remise du chiot, texte par texte
Tout part de l’article L. 214-8 du code rural et de la pêche maritime, version en vigueur depuis le 2 décembre 2021. Il dit deux choses différentes selon qui vend. Son paragraphe I vise les élevages, les commerces et les associations de protection animale, et leur impose trois documents à la livraison : attestation de cession, document d’information, certificat vétérinaire. Le IV couvre tout le reste, la vente entre particuliers comprise, et n’exige expressément que le certificat vétérinaire.
| Document | Qui le fournit | Le texte | Ce que vous vérifiez | Amende pour le vendeur |
|---|---|---|---|---|
| Attestation de cession | Le vendeur | L. 214-8 I, arrêté du 31 juillet 2012 | Les huit mentions, dont les garanties légales | |
| Certificat vétérinaire | Le vendeur | L. 214-8 I et IV, D. 214-32-2 | Sa date, moins de trois mois | 750 euros s’il manque |
| Certificat de naissance | Le vendeur, si le chiot est LOF | Inscription au LOF | Le numéro d’identification | |
| Certificat d’engagement | Vous, sept jours avant | L. 214-8 V | Votre signature et la date | 450 euros s’il ne la vérifie pas |
| Carte d’identification | Les services I-CAD | L. 212-10 | Que le chien est bien identifié | 750 euros si le chien ne l’est pas |
Trois de ces lignes méritent un mot de plus.
L’attestation a un contenu fixe : l’article 3 de l’arrêté du 31 juillet 2012 lui impose huit mentions, des coordonnées des deux parties au numéro d’identification du chiot. Une seule mérite qu’on s’arrête, et c’est celle que personne ne lit, les garanties légales et les voies de recours, parce qu’elle décidera de ce que vous pourrez réclamer si le chiot tombe malade trois semaines plus tard. Le nom du papier importe peu. Une facture ou un contrat de vente font aussi bien l’affaire, rappelle l’I-CAD.
Le certificat vétérinaire est le seul document que la loi impose quel que soit le vendeur. L’article D. 214-32-2, en vigueur depuis le 20 juillet 2022, le décrit ligne par ligne. Il est délivré au plus tard trois mois avant la cession : le jour où vous repartez, il a donc moins de trois mois. Le vétérinaire y reporte le document d’identification et, le cas échéant, les vaccinations réalisées, examine l’état de santé apparent et détermine la catégorie du chien au sens de l’article L. 211-12. Pour un american staffordshire terrier ou un rottweiler, c’est la ligne à lire en premier.
Reste le certificat de naissance, réservé aux chiots inscrits au Livre des origines français. La Société Centrale Canine le formule ainsi dans son communiqué du 14 janvier 2026 : un chien LOF possède un certificat de naissance attestant de son inscription par son éleveur, ou un pedigree lorsqu’il a été confirmé. Le même communiqué compte près de 200 000 naissances de chiens de race en 2025, golden retriever et berger australien en tête. Le parcours entier, de l’envie au premier jour, est dans notre guide pour adopter un chien.

Le certificat d’engagement se signe sept jours avant, il ne se reçoit pas
C’est la confusion la plus fréquente, et elle fait annuler des rendez-vous. Le certificat d’engagement et de connaissance n’est pas dans la pochette. Le paragraphe V de l’article L. 214-8 ne laisse pas de marge.
Toute personne physique qui acquiert à titre onéreux ou gratuit un animal de compagnie signe un certificat d’engagement et de connaissance des besoins spécifiques de l’espèce. [...] La cession de l’animal ne peut intervenir moins de sept jours après la délivrance du certificat au cessionnaire.
Article L. 214-8, V, du code rural et de la pêche maritime
Le ministère de l’Agriculture, sur sa page du 18 juin 2025, précise qui le délivre : un titulaire de l’ACACED, l’attestation de connaissances pour les animaux de compagnie d’espèces domestiques. Et la fiche F34877 de Service-public règle la question du périmètre : le délai vaut quel que soit le mode et le lieu d’acquisition, chez un éleveur, une association ou un particulier.
Vous voyez la portée un dimanche, le vendeur propose que vous repartiez avec le chiot dans la foulée ? La cession est irrégulière, et pas de votre fait. Ne pas vérifier votre signature coûte 450 euros d’amende au cédant, selon la fiche F34329. Autant profiter du délai : si vous hésitez encore sur la race, ouvrez notre outil pour choisir un chien plutôt que de signer.
La carte d’identification vient d’I-CAD, pas du vendeur
L’article L. 212-10 du code rural pose deux règles. Les chiens sont identifiés avant toute cession, gratuite ou payante, et tout chien de plus de quatre mois doit l’être même sans cession. La même phrase règle la question du payeur, et elle surprend beaucoup d’acheteurs : l’identification est à la charge du cédant. Ce n’est pas à vous de faire pucer le chiot.
Le document qui rattache le chien à son détenteur, en revanche, ne sort pas de la poche du vendeur. L’I-CAD l’écrit noir sur blanc : il vient de ses services et se télécharge depuis l’Espace détenteur. Le vendeur, lui, doit faire le changement de détenteur. Vous, vérifier qu’il l’a fait.
S’il ne l’a pas fait, l’I-CAD publie la marche à suivre : vous allez chez un vétérinaire avec l’attestation de cession, qui prouve que vous êtes le nouveau détenteur, et il vous remet un formulaire à envoyer au Fichier national I-CAD avec un chèque de 12,00 euros toutes taxes comprises.
Sur le pas de la porte, la vérification tient en dix secondes. Le numéro d’identification doit être le même partout, sur l’attestation, sur le certificat vétérinaire et sur la carte.

Les papiers qu’on vous réclame à tort
Reste à écarter ce qu’on vous demandera peut-être et qui n’a aucune base. Trois documents reviennent dans presque toutes les listes en ligne. Aucun des trois n’est dû à un particulier qui achète son premier chiot.
Prenez le document d’information. Il existe bien, et l’article 2 de l’arrêté du 31 juillet 2012 en fixe le contenu, des besoins de l’espèce à la prévention des morsures. Mais relisez le 2° du I de l’article L. 214-8.
Lorsque l’acquéreur de l’animal n’est pas tenu de signer un certificat en application du V du présent article, d’un document d’information sur les caractéristiques et les besoins de l’animal contenant également, au besoin, des conseils d’éducation.
Article L. 214-8, I, 2°, du code rural et de la pêche maritime
Il n’est donc dû que si vous n’avez pas à signer de certificat d’engagement. Or le V vise toute personne physique qui acquiert, pour la première fois depuis la loi du 30 novembre 2021, un animal de l’espèce (article 1er, II, de cette loi). Pour un premier chien, vous signez donc un certificat d’engagement à la place, et les deux ne se cumulent pas. Pour un deuxième chien, si vous aviez signé ce certificat pour le premier, c’est l’inverse : l’éleveur ou l’association vous doit le document d’information, comme le rappelle la fiche F34877.
Le carnet de santé est un autre cas. Beaucoup d’éleveurs en remettent un, c’est une bonne pratique, ce n’est pas une obligation : ni l’article L. 214-8, ni l’article D. 214-32-2, ni la fiche F34329 ne le mentionnent. Ce sont les vaccinations du certificat vétérinaire qui font foi, et la fiche F34877 les donne comme conditionnelles, « si l’animal est vacciné ».
Quant au pedigree, qu’on lit partout comme obligatoire pour tout chien de race, un chiot de huit semaines n’en a pas. Il suit la confirmation, que la Société Centrale Canine fixe à partir des douze mois du chien, et quinze pour une liste de races où figurent le berger allemand, le dogue de Bordeaux et le bouvier bernois. Ce que l’éleveur vous remet, c’est le certificat de naissance. Le pedigree, vous le demanderez vous-même, une fois le chien confirmé. Un vendeur qui promet un pedigree pour la semaine suivante se trompe, ou vous trompe : c’est l’un des signaux détaillés dans notre guide pour reconnaître un élevage sérieux d’un trafic de chiots.
Si la pochette est incomplète, ne partez pas avec le chiot en vous promettant de régler ça plus tard. Ne partez pas du tout, c’est le dernier moment où vous avez un moyen de pression. Les questions à poser bien avant ce jour-là sont dans notre guide sur acheter chez un éleveur.
Questions fréquentes
Le vendeur refuse de me remettre le certificat vétérinaire, que faire ?
Ne prenez pas le chiot. Ce certificat est le seul document que la loi impose à tous les vendeurs, particuliers compris, au titre des paragraphes I et IV de l’article L. 214-8, et son absence vaut 750 euros d’amende selon la fiche F34329. Un vendeur qui refuse de le fournir refuse surtout l’examen vétérinaire qui va avec.
Je n’ai jamais reçu le certificat de naissance de mon chiot LOF, comment l’obtenir ?
Écrivez au service éleveurs de la Société Centrale Canine avec le numéro d’identification du chien. S’il est bien inscrit au LOF, un duplicata papier est possible. Sinon, la SCC vous renverra vers l’éleveur, ce qui veut dire que l’inscription annoncée n’a jamais été faite.
Les papiers sont-ils les mêmes pour un chien donné gratuitement ?
Oui. L’article L. 212-10 impose l’identification pour toute cession, à titre gratuit ou onéreux, et l’article L. 214-8 impose le certificat vétérinaire dans les mêmes termes. Le certificat d’engagement et son délai de sept jours valent aussi pour un don, précise la fiche F34877 de Service-public.
Races concernées
À lire ensuite





Sources
- Code rural et de la pêche maritime, article L. 214-8, version en vigueur depuis le 2 décembre 2021, Légifrance
- Loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes, article 1er, II, Légifrance
- Code rural et de la pêche maritime, article D. 214-32-2, version en vigueur depuis le 20 juillet 2022, Légifrance
- Code rural et de la pêche maritime, article L. 212-10, version en vigueur depuis le 2 décembre 2021, Légifrance
- Arrêté du 31 juillet 2012 relatif aux mentions essentielles devant figurer sur les équipements utilisés pour la présentation des animaux de compagnie ainsi qu’au contenu du document d’information et de l’attestation de cession, Légifrance
- Service-public.gouv.fr, Un particulier peut-il vendre ou donner des chiens ou des chats (F34329), fiche vérifiée le 28 avril 2026
- Service-public.gouv.fr, Avoir un chien ou un chat, quelles sont les règles (F34877), fiche vérifiée le 28 avril 2026
- Ministère de l’Agriculture, Animaux de compagnie, équidés : tout savoir sur le certificat d’engagement et de connaissance, page du 18 juin 2025
- I-CAD, Acheter, adopter ou acquérir à titre gracieux un animal : quelles formalités accomplir ?
- I-CAD, Qu’est-ce qu’un certificat ou une attestation de cession ?, page référençant le décret du 7 juin 2016 et l’arrêté du 31 juillet 2012
- Société Centrale Canine, Top 20 des chiens préférés des Français, communiqué de presse du 14 janvier 2026
- Société Centrale Canine, centre d’aide, Quel est l’âge requis pour la confirmation ? (mis à jour le 21 juillet 2025)
Notre méthode : sources publiques citées, contenus datés et relus.
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