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Vente de chiens en animalerie : jusqu'à 1 500 euros d'amende par animal
Interdite depuis 2024, la vente de chiots et de chatons en animalerie n'était assortie d'aucune sanction précise. Un décret publié le 6 août 2026 comble ce vide et fixe les montants, jusqu'à 3 000 euros en cas de récidive.
Publié le 7 août 2026

Depuis le 1er janvier 2024, aucune animalerie française n'a le droit de vendre un chien ou un chat. C'est une conséquence directe de la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale. Restait un problème de taille : le texte ne prévoyait aucune sanction chiffrée pour les commerces qui passaient outre. Un décret publié le 6 août 2026 vient de régler la question, comme l'a annoncé le ministère de l'Agriculture dans un communiqué relayé par l'AFP et repris par Midi Libre.
Deux infractions, deux tarifs
Le décret distingue clairement deux situations.
- Vendre un chien ou un chat dans un établissement de commerce : contravention de cinquième classe, jusqu'à 1 500 euros par animal. En cas de récidive, la note peut grimper à 3 000 euros.
- Présenter des animaux vivants visibles depuis la voie publique, quelle que soit l'espèce : contravention de quatrième classe, jusqu'à 750 euros par animal.
Le détail qui compte, c'est la mention « par animal ». Une animalerie qui aurait six chiots en vente ne risque pas 1 500 euros au total, mais potentiellement 1 500 euros multipliés par six. Le calcul change sérieusement la donne pour un commerce qui aurait fait le pari de continuer discrètement.
La seconde interdiction, celle des vitrines, dépasse d'ailleurs largement le cas des chiens et des chats. Elle vise tous les animaux vivants exposés au regard des passants : lapins, rongeurs, oiseaux, poissons. L'idée du législateur est toujours la même, casser le déclencheur visuel qui pousse à l'achat impulsif.
L'objectif affiché : en finir avec l'achat coup de cœur
Le ministère de l'Agriculture le dit sans détour : il s'agit de limiter l'achat impulsif, celui d'un acquéreur qui n'a pas mesuré ce que représente un animal de compagnie et qui risque de ne pas pouvoir répondre à ses besoins.
Derrière cette formulation administrative, il y a une réalité que les refuges connaissent par cœur. Un chiot acheté sur un coup de tête un samedi après-midi devient, quelques mois plus tard, un chien adolescent de 25 kilos qui aboie, qui a besoin de sortir trois fois par jour et qui coûte cher. C'est souvent à ce moment-là que l'abandon arrive.
Pour qui cherche un chien aujourd'hui, les circuits légaux restent nombreux : les éleveurs déclarés, les particuliers ayant fait naître une portée et enregistrés au fichier I-CAD, les refuges et associations de protection animale. Dans tous les cas, l'animal doit être identifié, accompagné d'un certificat vétérinaire, d'un document d'information sur les besoins de l'espèce et, depuis 2022, l'acquéreur doit signer un certificat d'engagement et de connaissance avec un délai de réflexion de sept jours avant la cession.
Les contournements dans le viseur
Le vide juridique n'était pas resté théorique. Une enquête de la fondation 30 Millions d'amis, publiée en mars 2025, avait montré que des animaleries maintenaient une activité de vente en gardant les animaux hors de vue, en sous-sol ou en arrière-boutique. Certaines proposaient les chiots en direct sur place, d'autres en ligne via des catalogues sur leur propre site ou des annonces sur des plateformes comme Leboncoin, avec retrait en magasin sur le modèle du click and collect.
Ce type de montage devient désormais sanctionnable de façon lisible. Pour un acheteur, la règle pratique est simple : si un commerce vous propose de venir chercher un chiot en boutique après une commande en ligne, la transaction est illégale, et vous n'aurez aucune garantie sur l'origine de l'animal ni sur les conditions dans lesquelles il a été élevé.
Un décret qui s'inscrit dans un calendrier politique
La publication du texte ne tombe pas au hasard. Fin juillet, le Premier ministre Sébastien Lecornu a écrit à plusieurs membres de son gouvernement pour demander une intensification de la lutte contre la maltraitance animale, avec une échéance fixée au 1er octobre pour mettre en place des actions concrètes. Cette commande faisait suite à une rencontre entre le chef du gouvernement et des associations de protection animale, qui réclamaient notamment que la loi de 2021 soit enfin appliquée dans son intégralité.
Reste la question des moyens. Un décret ne vaut que par les contrôles qui le font vivre, et ce sont les services vétérinaires départementaux qui auront la charge de vérifier sur le terrain.