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Vannes traite ses parcs contre la chenille processionnaire : ce que les maîtres doivent savoir
La ville du Morbihan répand un traitement biologique du 21 au 25 septembre 2026 dans plusieurs quartiers. Une opération qui concerne directement les promeneurs accompagnés d'un chien, premier public exposé aux poils urticants.
Publié le 19 septembre 2026

La ville de Vannes engage, du lundi 21 au vendredi 25 septembre 2026, une campagne de traitement préventif contre la chenille processionnaire du pin. L'information a été relayée par actu.fr. L'opération vise les parcs, les espaces verts et les abords d'écoles, avec sept secteurs identifiés : la presqu'île de Conleau, le parc du Golfe, l'étang au Duc, Kercado, Cliscouët, Kerniol et Kerizac. Des pièges à chenilles et des pièges à phéromones viennent compléter le dispositif. La municipalité demande au public de respecter les consignes affichées sur place.
Ces lieux sont, pour beaucoup, des terrains de promenade quotidiens pour les chiens vannetais. D'où l'intérêt de regarder de près ce que recouvre ce traitement, et ce qu'il ne dispense pas de faire.
Un traitement biologique qui ne vise pas les mammifères
Le produit utilisé est le Bacillus thuringiensis, une bactérie du sol employée depuis des décennies en lutte biologique, y compris en agriculture biologique. Elle produit des protéines qui deviennent toxiques dans le tube digestif de certaines larves de papillons, dont celles de la processionnaire. Le mécanisme est spécifique aux chenilles : les mammifères, chiens compris, n'y sont pas sensibles de la même manière.
Cela ne signifie pas qu'il faut ignorer la signalétique. Les traitements se font par pulvérisation, parfois en hauteur dans les pins, et les communes balisent habituellement les zones pendant l'intervention. Le réflexe raisonnable reste simple : si un panneau indique une zone en cours de traitement, passez votre chemin et allez promener ailleurs ce jour-là.
Le vrai danger pour le chien, c'est le poil urticant
La chenille processionnaire du pin est l'un des risques saisonniers les plus sérieux pour un chien. Chaque larve porte des centaines de milliers de poils microscopiques qui se détachent au moindre stress et libèrent une protéine urticante, la thaumétopoéine. Le chien, museau au sol et curieux par nature, est en première ligne.
Les conséquences les plus fréquentes :
- gonflement brutal des babines et de la face,
- salivation abondante, le chien bave et se frotte la gueule,
- inflammation de la langue pouvant évoluer vers une nécrose, avec perte partielle de tissu dans les cas graves,
- atteinte oculaire si les poils touchent l'œil,
- troubles digestifs ou respiratoires en cas d'ingestion.
Le contact direct n'est pas indispensable. Des poils déposés au sol ou portés par le vent suffisent, et ils restent urticants longtemps après que la chenille a disparu. Un nid tombé au pied d'un pin, même vide, reste dangereux.
Que faire si votre chien a touché une chenille
Il s'agit d'une urgence vétérinaire, pas d'un incident à surveiller jusqu'au lendemain. Quelques minutes comptent.
- Empêchez le chien de se lécher et de se frotter, ce qui étale les poils.
- Rincez abondamment la zone à l'eau claire, longuement, sans frotter.
- Protégez vos propres mains, les poils sont tout aussi urticants pour l'humain.
- Appelez la clinique vétérinaire et partez immédiatement, en signalant l'exposition à une processionnaire.
N'appliquez rien d'autre de votre propre initiative. Le traitement relève du vétérinaire.
Un risque reconnu par la réglementation française
Depuis 2022, les chenilles processionnaires du pin et du chêne figurent sur la liste des espèces nuisibles à la santé humaine, au titre du code de la santé publique. Ce classement permet aux préfets et aux maires d'agir, et clarifie les responsabilités : l'entretien des arbres et l'élimination des nids relèvent du propriétaire du terrain, la commune pour les espaces publics, le particulier pour son jardin.
À Vannes comme ailleurs, la campagne d'automne correspond au moment où les jeunes chenilles viennent d'éclore et sont encore petites, donc plus sensibles au traitement. Le pic de danger arrive plus tard, en fin d'hiver et au début du printemps, quand les processions descendent des arbres pour s'enfouir. C'est à cette période que les accidents chez le chien se multiplient, dans le Sud comme dans un Grand Ouest où l'espèce progresse avec le réchauffement.
Si vous promenez votre chien près de pins, prenez l'habitude de lever les yeux. Un nid ressemble à une boule de soie blanche accrochée aux branches. Repéré, il vaut un signalement à la mairie et un détour par un autre chemin.