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Actualités · Société

Trafic de teckels nains en Essonne : un an de prison ferme requis

Trois personnes, dont un vétérinaire, ont comparu à Évry pour un trafic de chiots achetés en Roumanie et revendus en ligne. Le jugement est attendu le 9 décembre. L'affaire montre à quoi ressemble, concrètement, un élevage clandestin.

Publié le 23 octobre 2026

Jeune teckel nain derrière les barreaux d'une cage, regard inquiet

Ce qui a été requis à Évry

Selon 20 Minutes, le tribunal correctionnel d'Évry a examiné mercredi un dossier d'escroquerie en bande organisée portant sur la vente de teckels nains. La procureure a requis quatre ans d'emprisonnement dont trois avec sursis, soit un an de prison ferme, ainsi que 50 000 euros d'amende contre la principale prévenue, une femme de 52 ans. Contre la seconde, âgée de 28 ans, un an avec sursis et 7 000 euros d'amende. Contre le vétérinaire de 70 ans qui comparaissait à leurs côtés, deux ans avec sursis.

La magistrate a décrit un dossier qui associe une organisation structurée et des sévices infligés à des animaux pendant des mois. Les faits reprochés s'étendent de décembre 2025 à juin 2026. Les deux femmes auraient acheté des chiots en Roumanie et en France, les auraient détenus dans des élevages clandestins, puis revendus via des sites d'annonces. Le vétérinaire est accusé d'avoir pucé plusieurs dizaines de teckels nains apportés par ses coprévenues, qui recouraient à des prête-noms. L'accusation en fait la pièce centrale du dispositif. La décision sera rendue le 9 décembre.

Un signalement de voisinage à l'origine de l'affaire

L'enquête démarre en décembre 2025, après qu'un particulier a signalé des chiots qui hurlaient dans un appartement de Leuville-sur-Orge. Huit chiots y sont découverts entassés dans une cage, dans de très mauvaises conditions. Des associations de protection animale déposent ensuite plainte pour des faits comparables. L'une de ces plaintes conduit à la découverte, le 7 janvier à Brétigny-sur-Orge, de quatre chiots dans un sac-poubelle.

Les enquêteurs remontent jusqu'à une maison de Saulx-les-Chartreux où se faisaient les ventes. En juin, lors d'une expulsion locative sans rapport avec l'enquête, les gendarmes y trouvent une trentaine de teckels nains dans des conditions insalubres, en pleine canicule. À la barre, la principale prévenue a affirmé que trois chiens seulement lui appartenaient, les autres étant à son ex-compagnon.

Pourquoi le puçage est le maillon critique

En France, tout chien doit être identifié par puce ou tatouage avant sa cession, et l'identification est enregistrée au fichier national I-CAD. C'est cette démarche qui crée l'existence administrative de l'animal et permet de tracer son origine. Quand un vétérinaire enregistre des chiots au nom de prête-noms, la chaîne de traçabilité est rompue dès le départ : l'acheteur reçoit un document en règle pour un animal dont il ignore tout.

Un autre point mérite l'attention des acheteurs. Les chiots importés de pays tiers ou d'autres États de l'Union doivent respecter des règles sanitaires strictes, notamment en matière de vaccination antirabique, ce qui interdit en pratique l'entrée de très jeunes chiots. Un chiot annoncé comme âgé de huit semaines et arrivé de l'étranger pose donc un problème de cohérence.

Les vérifications qui protègent l'acheteur

Avant tout achat, quelques éléments se contrôlent sans difficulté :

  • le numéro d'identification du chiot, vérifiable auprès d'I-CAD, et le nom du détenteur déclaré, qui doit correspondre au vendeur ;
  • le numéro SIREN de l'éleveur ou le numéro de portée, obligatoire dans toute annonce de vente de chien ;
  • l'attestation de cession, le document d'information sur les caractéristiques de la race et le certificat vétérinaire de bonne santé ;
  • le certificat d'engagement et de connaissance, à signer sept jours au moins avant la remise de l'animal ;
  • la possibilité de voir le chiot avec sa mère, sur le lieu d'élevage. Un refus, un rendez-vous sur un parking ou une remise à domicile sans visite préalable sont des signaux d'alerte.

L'âge minimal de cession est fixé à huit semaines. Si quelque chose cloche, un signalement aux services vétérinaires départementaux ou à une association de protection animale reste la voie la plus efficace : c'est exactement ce qui a déclenché l'enquête en Essonne.