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Actualités · Science et comportement

Optimisme du chien : la race compte moins qu'on ne le croit, selon une étude

Une étude menée sur 118 chiens de compagnie de dix races n'a pas trouvé de différence solide entre elles dans un test censé mesurer l'optimisme. De quoi relativiser les étiquettes de caractère collées à chaque race.

Publié le 7 août 2026

Un chien attentif face à deux gamelles posées au sol dans une pièce claire, lors d'un test de comportement

Un labrador serait joyeux, un berger allemand sérieux, un lévrier flegmatique. Ces raccourcis circulent dans tous les guides d'achat et sur les fiches d'élevage. Une recherche publiée dans l'Australian Veterinary Journal, référencée par la base Europe PMC, vient d'en tester une version scientifique, et le résultat ne va pas dans le sens des idées reçues.

Ce que mesure vraiment un test de « biais de jugement »

Les chercheurs ont recruté 118 chiens de compagnie adultes et en bonne santé, appartenant à des propriétaires particuliers, répartis en dix races ou types de races. Tous ont passé une tâche dite de biais de jugement spatial.

Le principe est simple à comprendre. On apprend d'abord au chien qu'une gamelle placée à un endroit précis contient toujours une récompense, et qu'une gamelle placée à un autre endroit est toujours vide. Une fois l'apprentissage acquis, on place une gamelle à mi-chemin, dans une position ambiguë. Un chien qui s'y précipite est considéré comme « optimiste » : il parie sur la bonne issue. Un chien qui traîne ou renonce est jugé plus pessimiste. Ce type de test est de plus en plus utilisé en éthologie pour approcher l'état émotionnel d'un animal sans lui demander son avis, faute de langage commun.

Les chiens de l'étude ont aussi passé d'autres épreuves cognitives : une tâche de regard soutenu, qui mesure la durée pendant laquelle l'animal fixe un humain, et une tâche dite du cylindre, un classique de la recherche sur le contrôle inhibiteur. Dans cette dernière, la nourriture est placée dans un cylindre transparent ouvert sur les côtés : le chien doit résister à l'envie de foncer droit sur la paroi et faire le détour. S'y ajoutaient des tests de réactivité émotionnelle et un questionnaire rempli par les propriétaires, le C-BARQ, outil standardisé très utilisé dans la recherche comportementale canine.

Pas de différence solide entre les races

Sur le biais de jugement, les auteurs ne trouvent pas de différence cohérente entre les races. Un effet de la race apparaissait bien dans un premier modèle statistique ajusté sur des variables comme l'âge ou le sexe, mais il ne tient pas la route dans les analyses suivantes. Autrement dit : le signal existe peut-être, mais il n'est pas assez robuste pour qu'on en tire une règle.

Deux précautions s'imposent. D'abord, 118 chiens répartis sur dix races, cela fait des groupes de taille modeste : une étude de cette ampleur détecte mal les effets faibles. Ensuite, il s'agit d'une étude transversale, une photographie à un instant donné, pas un suivi dans le temps. Elle ne dit pas qu'aucune différence n'existe entre les races, elle dit qu'elle n'en a pas mis en évidence de solide sur ces mesures-là.

Ce que ça change pour vous

Le message pratique est utile au moment de choisir un chien, ou de comprendre celui qui partage déjà votre canapé. Les standards de race décrivent une morphologie et, de façon beaucoup plus floue, des tendances comportementales. Ils ne prédisent pas l'humeur d'un individu.

En France, cette nuance a des conséquences concrètes. Le droit distingue les chiens dits de 1re et 2e catégorie sur des critères essentiellement morphologiques, et l'attestation d'aptitude imposée à leurs détenteurs repose sur la formation du maître, pas sur un test de tempérament de l'animal. L'évaluation comportementale prévue par le code rural, elle, est réalisée par un vétérinaire sur le chien lui-même. C'est cette logique individuelle que les données scientifiques soutiennent le mieux.

Si vous voulez évaluer un chiot, regardez donc l'animal devant vous et ses parents, pas la fiche de la race : sa réaction à un bruit inattendu, sa capacité à revenir vers l'humain après une surprise, sa façon de récupérer après une contrariété. Ces observations en disent davantage sur son état émotionnel qu'un nom de race.