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Malinois abandonné attaché à un arbre : 30 Millions d'Amis conteste le choix du parquet
Un chien retrouvé ligoté à un arbre dans une forêt du Haut-Rhin est mort après six jours sans eau ni nourriture. La Fondation 30 Millions d'Amis demande au procureur de renvoyer l'affaire devant le tribunal correctionnel.
Publié le 26 août 2026

Six jours attaché dans une forêt du Haut-Rhin
L'affaire remonte à mai 2026. Une joggeuse découvre un malinois attaché à un arbre dans une forêt de Goldbach-Altenbach, dans le Haut-Rhin. Selon les éléments rapportés par la Fondation 30 Millions d'Amis, l'animal était là depuis six jours, sans eau ni nourriture. Il n'a pas survécu.
La Fondation, qui relaie l'affaire sur son site, s'élève contre l'orientation retenue par le parquet et estime qu'il est encore temps pour le procureur de porter les faits devant une audience correctionnelle, c'est-à-dire devant un tribunal, avec une véritable audience publique. En clair : elle juge la réponse judiciaire envisagée trop faible au regard de ce que le chien a subi.
Ce que dit la loi française sur l'abandon
Beaucoup de maîtres l'ignorent encore : abandonner un animal domestique n'est pas une simple incivilité. Depuis la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale, l'abandon est assimilé aux actes de cruauté par l'article 521-1 du code pénal. Les peines encourues montent à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende, avec des circonstances aggravantes lorsque l'animal meurt.
Le juge peut aussi prononcer des peines complémentaires souvent plus dissuasives au quotidien que l'amende :
- l'interdiction, définitive ou temporaire, de détenir un animal ;
- la confiscation des autres animaux du foyer ;
- l'obligation d'un stage de sensibilisation à l'éthique animale.
Encore faut-il qu'un tribunal soit saisi. Le procureur de la République dispose d'une large marge d'appréciation : il peut renvoyer devant le tribunal correctionnel, mais aussi choisir une alternative aux poursuites (composition pénale, avertissement pénal probatoire, stage), voire classer sans suite s'il estime les preuves insuffisantes ou l'auteur non identifié. C'est précisément ce pouvoir d'orientation que la Fondation conteste ici.
Des condamnations qui restent modestes
Le cas n'est pas isolé. La même Fondation rapportait quelques jours plus tôt la condamnation, à Metz, d'un homme à neuf mois de prison avec sursis pour avoir poignardé un chien à neuf reprises dans la nuit du 15 au 16 août 2026. Deux dossiers, deux malinois, et le même constat des associations : l'écart entre les peines maximales prévues par le code pénal et les sanctions réellement prononcées reste large.
Pour un propriétaire, l'affaire du Haut-Rhin rappelle une chose utile. Se séparer d'un chien est possible légalement, et sans risque pénal : on le confie à un refuge, à une association, à une fourrière, ou on organise une cession en règle avec certificat vétérinaire et déclaration au fichier I-CAD. Attacher un animal à un arbre relève, à l'inverse, d'une infraction lourde. Et l'identification obligatoire du chien, puce ou tatouage, permet le plus souvent de remonter jusqu'au détenteur.
Que faire si vous découvrez un animal abandonné
Si vous tombez sur un chien attaché, enfermé ou visiblement livré à lui-même, plusieurs réflexes valent mieux que l'improvisation. Prévenez la mairie, la gendarmerie ou la police, qui peuvent solliciter les services vétérinaires. Photographiez la situation et notez le lieu précis, ces éléments servent de preuves. Faites lire la puce par un vétérinaire ou un refuge. Vous pouvez également déposer un signalement auprès d'associations de protection animale, dont la Fondation 30 Millions d'Amis, qui se constitue régulièrement partie civile dans ce type de dossiers.