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Ectopie urétérale du chiot : quand l'incontinence vient d'une malformation
Un chiot qui goutte en permanence n'est pas forcément mal propre. L'École nationale vétérinaire d'Alfort rappelle les principes de prise en charge d'une malformation congénitale des uretères, dont le traitement est chirurgical.
Publié le 26 août 2026

Un chiot propre dans sa tête mais mouillé sous le ventre, une couchette humide chaque matin, des poils irrités entre les cuisses : ce tableau évoque rarement un problème d'éducation. Il peut signer une malformation de l'appareil urinaire présente dès la naissance, l'ectopie urétérale.
Ce qu'est l'ectopie urétérale
Chez un chien sain, les deux uretères, les conduits qui descendent des reins, débouchent dans la vessie. Celle-ci fait office de réservoir et le sphincter contrôle la sortie. En cas d'ectopie, un uretère au moins arrive ailleurs, en aval du dispositif de fermeture. L'urine n'est donc jamais retenue : elle s'écoule au fil de sa production, sans que l'animal puisse s'y opposer.
C'est une anomalie congénitale, ce qui signifie qu'elle est présente à la naissance et qu'elle ne se guérit pas avec le temps ni avec de la patience. Le site Le Point Vétérinaire a publié fin août une interview vidéo de Mathieu Manassero, professeur de chirurgie vétérinaire à l'École nationale vétérinaire d'Alfort, réalisée lors du congrès CampusVet'. Il y détaille les standards actuels de prise en charge et souligne que le traitement de cette malformation relève de la chirurgie.
Tous les chiens ne partent pas au bloc pour autant
Le point le plus intéressant de cette intervention pour un propriétaire est aussi le plus nuancé : la question de savoir si tous les animaux atteints doivent être opérés reste posée, et la réponse n'est pas automatique. Les formes varient. Un seul uretère peut être concerné ou les deux, la position exacte de l'abouchement change, et des anomalies associées du rein ou du sphincter peuvent exister. Le degré de gêne réelle du chien entre aussi en compte.
Autrement dit, deux chiots portant le même diagnostic ne recevront pas nécessairement la même proposition. C'est le rôle de l'imagerie et de l'examen spécialisé de trancher, pas celui d'un protocole unique.
Ce que ça change pour vous, concrètement
Quelques repères utiles si vous êtes concerné :
- Ne pas attendre. Une incontinence permanente chez un jeune chien mérite une consultation rapide. L'urine qui stagne au contact de la peau provoque des lésions cutanées, et le risque d'infection urinaire remontant vers les reins n'est pas anecdotique.
- Décrire précisément. Fuites continues ou seulement au repos, apparition depuis toujours ou récente, quantité, odeur : ces détails orientent le diagnostic.
- Accepter le renvoi vers un centre spécialisé. Le diagnostic précis puis la correction chirurgicale demandent un plateau technique que toutes les structures n'ont pas. Un adressage n'est pas un désaveu de votre vétérinaire traitant, c'est la marche normale pour ce type de malformation.
- Anticiper le budget. Imagerie, chirurgie et suivi représentent un coût significatif. Si votre assurance santé animale est récente ou souscrite après l'apparition des symptômes, vérifiez les clauses d'exclusion des affections congénitales, elles sont fréquentes.
Un sujet à évoquer avec l'éleveur
S'agissant d'une anomalie de développement, la question du dépistage et de la sélection se pose côté élevage. Un acheteur informé a tout intérêt à demander si des cas d'incontinence précoce ont déjà été observés dans la lignée. En France, un chiot présentant une malformation congénitale non déclarée à la vente peut relever du régime des vices rédhibitoires ou de la garantie légale de conformité, selon les cas : faites établir un constat vétérinaire écrit dès les premiers signes, il conditionne toute démarche ultérieure.