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Aboiements : une commune de la Vienne prend un arrêté et menace de 135 euros d'amende
À Boivre-la-Vallée, la maire a signé fin juillet un arrêté encadrant les aboiements prolongés, de jour comme de nuit. Une mesure qu'elle qualifie elle-même de symbolique, mais qui rappelle une règle déjà applicable partout en France.
Publié le 10 août 2026

Ce que dit l'arrêté de Boivre-la-Vallée
Dans cette commune de la Vienne d'environ 3 000 habitants, les plaintes s'accumulaient : des chiens qui aboient longuement la nuit, dans un village où l'été on dort fenêtres ouvertes. Fin juillet, la maire Marie-Hélène Audebert a signé un arrêté municipal encadrant ces nuisances, comme l'a rapporté Le Progrès en s'appuyant sur les informations de la radio ICI Poitou.
Le texte impose aux propriétaires, gardiens ou détenteurs de chiens de prendre les mesures nécessaires pour éviter les aboiements prolongés ou répétés, de jour comme de nuit. Il vise explicitement le fait de laisser un animal aboyer, hurler ou gémir de façon répétée, que ce soit dans un logement, sur un balcon, une terrasse, dans un jardin, une cour ou un enclos. Le cas de l'animal laissé seul dans un enclos, sans que personne ne puisse faire cesser le bruit, est cité nommément. Sanction annoncée en cas de manquement : 135 euros.
L'élue ne se cache pas derrière une formule martiale. Elle assume une mesure « symbolique, mais règlementaire », et reconnaît qu'on ne peut pas empêcher un chien d'aboyer. Ce qu'elle vise, ce sont les épisodes récurrents, longs et nocturnes, ceux qui rendent le voisinage invivable.
Rien de nouveau sur le fond : la loi existe déjà
Un arrêté de ce type ne crée pas une interdiction inédite. Le Code de la santé publique, dans son article R1336-5, prévoit déjà qu'aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé, dans un lieu public comme privé. Et le texte précise que la personne est responsable du bruit causé par un animal placé sous sa garde.
Autrement dit, le propriétaire d'un chien qui aboie des heures durant est déjà juridiquement responsable, arrêté municipal ou pas. Deux conséquences pratiques pour vous :
- Une nuisance sonore canine peut être constatée à toute heure. La nuit aggrave la situation (on parle alors de tapage nocturne), mais le jour n'offre aucune immunité.
- L'amende forfaitaire de 135 euros correspond à la contravention de 3e classe applicable à ce type d'infraction. Une commune ne l'invente pas, elle rappelle qu'elle est mobilisable.
L'intérêt d'un arrêté local est ailleurs : il donne une base écrite et visible à la police municipale, il informe les habitants, et il fait souvent redescendre la tension sans qu'aucune sanction ne tombe. C'est exactement ce qui s'est produit ici, puisque selon la maire aucune amende n'a été dressée et que les plaintes se sont tassées.
Ce que ça change pour un maître
Si votre chien aboie quand vous n'êtes pas là, vous êtes rarement le premier informé. Les voisins hésitent, puis ils écrivent au maire. Mieux vaut prendre le sujet en amont.
Quelques réflexes utiles :
- Vérifiez ce que fait votre chien seul. Un enregistrement audio sur quelques heures d'absence suffit souvent à trancher.
- Cherchez la cause avant la correction. Aboiements d'alerte face aux passants, ennui, hyperattachement et détresse de séparation, chaleur, gêne physique : les solutions n'ont rien à voir entre elles.
- Modifiez l'environnement quand c'est possible : occulter une clôture qui donne sur la rue, éviter de laisser le chien dehors la nuit en été, occuper le temps d'absence avec des jeux d'alimentation.
- Si les aboiements sont liés à la solitude, un travail avec un éducateur canin ou un vétérinaire comportementaliste est plus efficace, et plus durable, que le collier anti-aboiement.
Attention aussi aux dispositifs punitifs : les colliers électriques ne sont pas une réponse au mal-être, ils masquent le symptôme et peuvent l'aggraver.
Voisin gêné : la bonne marche à suivre
De l'autre côté du grillage, la première étape reste la discussion directe, souvent suffisante quand le propriétaire ignore le problème. En cas d'échec, un courrier daté, puis un signalement à la mairie ou à la police municipale, permet de constituer un dossier. Un relevé écrit des épisodes (dates, horaires, durée) pèse davantage qu'une impression générale. La conciliation, gratuite via un conciliateur de justice, précède utilement toute action contentieuse.