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Actualités · Société

À New Delhi, une élection du « chien le plus gros » qui parle d'obésité canine

Lancé sur Instagram fin septembre, un concours dédié aux chiens les plus enveloppés de la capitale indienne a rassemblé près de 100 000 abonnés. Derrière l'humour, un sujet de santé qui concerne aussi les chiens français.

Publié le 30 septembre 2026

Chien brun au corps rond assis dans une rue, regardant l'objectif

Un tournoi Instagram à 64 participants

L'histoire, rapportée par actu.fr à partir d'une dépêche de l'AFP, tient du feuilleton. Le 24 septembre, un compte Instagram baptisé @fatdogsofdelhi a lancé une élection du chien le plus gros de New Delhi. Format tournoi, 64 candidats au départ, éliminations successives, affiches et campagne en ligne comme pour un vrai scrutin. Les organisateurs, qui restent anonymes, disent avoir été surpris par la montée en flèche de leur audience : près de 100 000 abonnés. Le quotidien Hindustan Times a suivi l'affaire, et un vote en présentiel était même prévu pour la finale du 30 septembre.

Le favori s'appelait Gola, surnommé Kebab, un chien brun au nom qui signifie « rond ». Il est mort en pleine compétition, tout comme un autre concurrent, Tara. Les causes de ces deux décès ne sont pas connues à ce stade, et rien ne permet de les relier au poids des animaux. Gola s'est malgré tout qualifié pour la finale à titre posthume, face à Googoo, et recueillait 71 % des votes en ligne mercredi en début de soirée.

Les administrateurs du compte affirment vouloir se servir de cette visibilité pour soutenir les personnes et les structures qui œuvrent à offrir une vie décente aux animaux. Car derrière le second degré, le sujet est sérieux.

Ce que le surpoids fait à un chien

La SPA retient un seuil simple : un animal qui pèse 20 % de plus que son poids idéal est considéré comme obèse. Et les conséquences ne sont pas anodines. L'association cite notamment une espérance de vie réduite, le diabète, l'arthrose, les infections urinaires ou encore la rupture des ligaments croisés, cette blessure du genou qui finit souvent sur une table d'opération.

Le problème, c'est que le surpoids s'installe sans bruit. Personne ne voit son chien grossir de 300 grammes par mois. Quelques repères utiles au quotidien :

  • Vous devez sentir les côtes sous la peau sans appuyer fort.
  • Vu de dessus, la taille doit se marquer derrière les côtes.
  • Vu de profil, la ligne du ventre doit remonter vers l'arrière-train.
  • Une pesée tous les trois ou quatre mois suffit à repérer une dérive. La plupart des cabinets vétérinaires laissent leur balance en libre accès.

Les friandises et les restes de table pèsent bien plus lourd qu'on ne le croit dans la ration journalière d'un petit chien. Un morceau de fromage pour un chien de 10 kilos, c'est l'équivalent calorique d'un repas entier pour un humain.

Ne jamais improviser un régime

Un point à retenir : on ne met pas un chien au régime du jour au lendemain. Une restriction brutale expose à des carences et, chez certains animaux, à des complications sérieuses. La marche à suivre consiste à faire établir les quantités par un vétérinaire, qui fixera un poids cible et un rythme de perte réaliste, et à augmenter en parallèle l'activité physique. Un chien qui a pris du poids ne peut pas se remettre à courir une heure d'un coup : ses articulations et son cœur ont besoin d'une progression douce.

En France, le surpoids canin est largement reconnu par la profession vétérinaire comme l'un des premiers motifs de consultation liés au mode de vie. Il n'existe évidemment aucune obligation légale de faire maigrir son chien, mais le Code rural impose au détenteur de placer l'animal dans des conditions compatibles avec ses impératifs biologiques. Une obésité sévère non prise en charge, avec des douleurs articulaires et des difficultés à se déplacer, relève de cette question.

Le contexte indien, très différent du nôtre

Ce concours prend place dans une ville où la condition animale pose d'autres problèmes. New Delhi et ses 30 millions d'habitants compteraient jusqu'à un million de chiens errants selon plusieurs médias. Des attaques de meutes sur de jeunes enfants sont régulièrement signalées. Les programmes de stérilisation restent insuffisants, et la Cour suprême indienne avait ordonné l'an dernier le placement de ces chiens en refuge avant de revenir sur sa décision, faute de moyens pour l'appliquer.

Rien de comparable en France, où l'identification est obligatoire, où la divagation est encadrée et où la fourrière prend le relais. Mais l'histoire de Gola rappelle une chose : un chien rond fait sourire sur une photo, beaucoup moins sur une radio du genou.

Source : actu.fr, publié le 30 septembre 2026.